Naissance de la sculpture gothique. Saint Denis, Paris, Chartres : 1135-1150

Musée de Cluny, musée national du Moyen Âge
Du 10 octobre 2018 au 21 janvier 2019

Du 10 octobre au 21 janvier 2019 -
Musée Cluny //

  • Bible dite «de Saint-Denis»
  • Bible dite «de Saint-Denis» 2
  • Bible dite «de Saint-Denis» 3
  • Statue-colonne: reine de l’Ancien Testament
  • Statue-colonne: reine de l’Ancien Testament
  • Chapiteau double- sirènes oiseaux affrontées dans des rinceaux
  • Pilier et chapiteau historiés
  • Retable : l'Annonciation, la Vierge en Majesté, le Baptême du Christ
  • Tête de statue-colonne - le roi David
  • Tête de statue-colonne - Moïse
  • Head of an Old Testament King
  • Tête de statue-colonne, la reine de Saba
  • Tête de statue-colonne, un prophète

 

En termes de sculpture, de cathédrale, de chapiteau corinthien et de tout ce qui se rattache au monde obscur de l’art de la pierre et des constructions du Moyen-âge, on a tendance à simplifier les choses en distinguant deux périodes bien définies : le roman et le gothique. Pourtant, la transition entre ces courants aux caractéristiques reconnaissables ne s’est pas faite du jour au lendemain. En clair, la sculpture gothique n’est pas marquée d’une croix rouge dans le calendrier du XIIe siècle. Les commissaires de cette exposition ont donc du mener leur enquête, pour mieux saisir et partager ce style, synonyme de changement et de renouveau, notamment en Ile-de-France. Car tout est parti de cette région, plus particulièrement des trois cathédrales emblématiques alors : Saint-Denis, Paris et Chartres, de 1135 à 1150. Sur ce trio de chantiers précurseurs, l’art roman est laissé de côté pour des techniques – stylistiques et iconographiques – innovantes. Le secret de cette audace ? La communication, via les carnets de modèles qui circulaient notamment, entre les sites, maîtres d’œuvre, sculpteurs et commanditaires respectifs. Ainsi, pour ne citer qu’un exemple, les portails à statues-colonnes inventés par les artisans besognant à l’abbatiale de Saint-Denis, se retrouvent épanouis à la cathédrale de Chartres. Désireux de rompre avec l’art roman – pas assez riche pour ces hauts lieux de pouvoir – les sculpteurs trouvent un nouveau souffle d’inspiration dans l’Antiquité classique. Ainsi, qu’il s’agisse des vitraux, des tympans ou des enluminures, les répertoires se répondent et s’exaltent mutuellement, dans un art hybride. Si ces carnets ont aujourd’hui disparu, l’exposition traduit comme il se doit leur esprit et leur rôle : celui d’assumer et de mettre à profit la concurrence rude entre ces villes, ce qui finalement, a eu du bon.

Admire and understand the transition between roman art and gothic sculpture in Saint-Denis, Paris and Chartres, from 1135 to 1150.