Passée au crible : Eblouissante Venise, l'art d'en faire trop

Grand Palais
Du 28 septembre 2018 au 21 janvier 2019

Du 26 septembre au 21 janvier 2019 -
Grand Palais //

 

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Sombre, théâtrale, un tantinet kitch : « Éblouissante Venise » au Grand Palais mitige quant à la légitimité d’un tel sujet ou même, de sa scénographie. Car, en essayant de dépeindre l’atmosphère de cette époque faste et luxueuse pour la cité des Doges – connue pour sa prospérité avant la chute de la République de Venise en 1797 – l’exposition se perd dans la démonstration. Animaux empaillés, costumes d’époque descendant du plafond, instruments de musique à la Vivaldi…
Il faut dire que, pour sa défense, le XVIIIe vénitien était véritablement foisonnant. Des arts plastiques aux arts décoratifs en passant par la musique et l’opéra, la virtuosité et le caractère passionné de cette Italie que l’on aime tant s’épanouissent dans la ville du Carnaval par excellence. Mais ici, c’est un peu à celui qui va faire le plus grand bruit. Trop de détails, trop de mise en scène : on croirait presque que l’on essaye de détourner notre attention des tableaux de Pietro Longhi, Sebastiano Ricci, Rosalba Carriera ou Giambattista Tiepolo. Tout comme la situation économique de la Sérénissime à partir de 1760, on s’essouffle. Pourtant, bien que la période du XVIIIe siècle soit souvent boudée par les musées, au profit de sa magnifique concurrente, celle du XVIe siècle et de son indétrônable trinité, Véronèse, Tintoret et Titien, elle n’est pas en mal de talents et de beautés. L’ambiance riche et festive de la cité mythique est propice au renouvellement du style pictural, aux échanges artistiques et à une culture aussi sulfureuse que Casanova. L’on peut d’ailleurs remercier ses artistes d’avoir amorcé en France, le genre rocaille. Incarné par les peintres Jean-Honoré Fragonard ou Antoine Watteau, il est comme une poursuite à la française de ce rêve vénitien, délicieusement fantasmagorique, insouciant... et fripon.
Dans cette recherche de l’exubérance du plaisir, on traverse une exposition qui tente de se rendre vivante, mais qui aurait mieux fait finalement, de laisser travailler l’imagination du public face à ces peintures merveilleuses et charmantes.


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