Berthe Morisot

Musée d'Orsay
Du 18 juin au 22 septembre 2019

Si l’on nous parle d’Impressionnisme, les premiers noms qui nous viennent à l’esprit seront sans doute davantage ceux de Monet, Degas ou Renoir, que celui de Berthe Morisot. La faute peut-être à sa féminité dans un monde artistique qui se conjugue au masculin à la fin du XIXe siècle ? Et c’est une première - mieux vaut tard que jamais - le Musée d’Orsay, temple de l’Impressionnisme français, met ici cette grande dame de la peinture à l’honneur dans une exposition absolument renversante.

Il est ici question du parcours exceptionnel d'une peintre, qui contre les usages de son temps et de son milieu, deviendra une figure majeure des avant-gardes parisiennes de la fin des années 1860 jusqu'à sa mort prématurée en 1895, des suites d’une grippe.

Au début, notre artiste se cantonne à la peinture d’après modèle, autour de thématiques de la vie moderne, au féminin. Dans ses toiles, elle nous parle d’intimité, de jardins, de mode, de la vie domestique d’une femme et de sa famille… Mais elle va aller, beaucoup plus loin.

Le trait de génie de l’artiste est de brouiller les frontières entre les sphères intimes et publiques… Finalement sommes-nous invités ou regardeurs ? Au début on ne prête pas forcément attention à ses cadrages, se concentrant sur ses sujets relativement consensuels. Mais regardez autrement, et vous percevrez alors l’immense audace et la grande modernité de ses cadrages, presque photographiques, décalage, coupe, contre-jour, semi-retourné d’épaule, scènes de toilette pudiques volées de dos, pose à côté d’une fenêtre ou sur un balcon pour confondre les espaces privés et extérieurs… comme une invitation à la rêverie. Côté cadrage, elle ira même jusqu’à appliquer le zoom… Ici dans « Jeune femme se poudrant », elle était allée jusqu'à replier les bords de la toile pour se concentrer sur la femme, quitte faire disparaître le flacon ou le tableau du décor. Ce portrait de 1877 est présenté déplié ici, nous révélant l’envers du décor, masqué par l’artiste.

Plus de 70 toiles sont réunies, plus de la moitié proviennent de l’étranger, notre artiste ayant été reconnue tardivement par la France. 70 toiles battant en brèche nombre de clichés sexistes trop souvent encore entendus… Berthe Morisot n’émerge pas seulement de ce groupe d’hommes par sa féminité, mais bel et bien par son talent et son approche novatrice de la peinture. Comme ses pairs, elle aime travailler en plein air, cultive une fascination pour la couleur et une obsession pour les variations de lumière. Mais notre artiste ne ressemble à aucun autre, et s’offusque de la moindre comparaison qui constitue pour elle non pas un hommage mais véritablement une injure. Preuve en est que même après avoir épousé le frère Eugène d’Edouard Manet, elle continuera à signer ses toiles de son nom de jeune fille. Sur son unique autoportrait peint, daté de 1885, elle se montrera au travail, palette en main et regard volontaire. Visionnaire et féministe, elle n’hésitera pas à ne pas limiter la parentalité à la maternité, allant jusqu’à peindre son époux s’occupant de leur fille, scène ô combien décalée – et touchante - en son temps.

On s’arrêtera ici face à quelques œuvres à l’arrière-plan particulièrement dénudé… un oubli ? Une toile inachevée ? Pas du tout, l’artiste expérimente le « non-fini », sa touche se fait allusive à l’extrême, jusqu’à être surnommée par un critique de l’époque « l'ange de l'inachevé ». Mais ses œuvres sont pourtant abouties, réalisées en un temps record en revanche, d’un simple coup de crayon ou presque, le geste se réduit progressivement pour saisir l’instant, sur le motif. Un geste vif comme un flash photographique, qui ne capture que l’essentiel, la suggestion, l’impression. Dans son œuvre Isabelle au jardin, quelques touches de vert suffisent à évoquer la végétation, dans Jeune fille à la poupée, les pieds de l'enfant inachevés confèrent une dimension dynamique à la toile.

Une artiste que l’on connaissait mieux au travers les portraits à la beauté sombre qu’en avait fait Edouard Manet, lui qui l’avait trouvé si « charmante », regrettant juste qu’elle ne soit pas « un homme »… Et franchement, désolés Monsieur Manet, mais nous, on ne regrette rien et certainement pas d’avoir été voir cette très exposition aussi poétique qu’apaisante.

  • Vue de l'exposition Berthe Morisot au Musée d'Orsay, Paris
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L’IMPRESSIONNISME AU FÉMININ

On entend peu parler d’elle et pourtant c’est une artiste qui a marqué l’Impressionnisme. À vingt ans à peine, Berthe Morisot choisit la voie de l’indépendance et s’affirme comme une artiste professionnelle à part entière, même si son milieu aisé lui aurait sûrement permis d’être à l’abri du besoin et de contracter un mariage avantageux. Elle commence donc à s’exercer très jeune et, comme tous les impressionnistes, elle ambitionne de révolutionner la peinture, travaillant majoritairement en plein air afin de représenter parfaitement la nature dans ses tableaux tout en peignant la vie intérieure de ses modèles. Dès les années 1860, elle s’entoure d’hommes illustres tels qu’Édouard Manet, Edgar Degas, Pierre Puvis de Chavannes et même Jules Ferry tout en manifestant ses intentions féministes en projetant sur ses modèles féminins, une sensibilité nouvelle proche de la rêverie. L’artiste expose rapidement au Salon officiel et en 1874 participe à la première exposition impressionniste où elle présente ce qui constitue son plus célèbre tableau Le Berceau mais aussi Cache-Cache : deux toiles que vous aurez la chance de découvrir parmi les quelques 70 œuvres de cette superbe exposition. Berthe Morisot et son mari Eugène Manet – le frère du grand Édouard – marquèrent la vie culturelle parisienne en réunissant régulièrement dans leur hôtel particulier de la rue Villejust à Paris les plus grandes figures de l’art et de la littérature. À sa mort prématurée en 1895, elle laissera derrière elle une production impressionnante, qui incorpore dans ses thématiques, les acquis des études féministes.

Berthe Morisot is surely one of the most interesting figures of Impressionism. This exhibition invites you to discover her art and her history.

  • Berthe Morisot, Jeune femme à sa fenêtre (Portrait de Mme Pontillon), 1869
  • Berthe Morisot, Jeune femme en toilette de bal, 1879
  • Berthe Morisot, La Chasse aux papillons, 1874
  • Berthe Morisot, La Lecture (L’ombrelle verte), 1873
  • Berthe Morisot, En Angleterre (Eugène Manet à l’île de Wight), 1875
  • Berthe Morisot, Femme á sa toilette, 1875-1880
  • Berthe Morisot, Hiver, 1880
  • Berthe Morisot, Le berceau, 1872

 


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