Scandale - Cet artiste invite les visiteurs de son exposition à fumer

  • Richard Prince, Sans titre (2017-18). © Richard Prince. Gracieuseté de l'artiste et Gagosian. Photo: Jena Cumbo.
  • Richard Prince, Sans titre (2017-18). © Richard Prince. Gracieuseté de l'artiste et Gagosian. Photo: Jena Cumbo
  • Richard Prince, sans titre (dessin hippie) (2019). © Richard Prince. Gracieuseté de l'artiste et Gagosian. Photo: Jena Cumbo.
  • Vue d'installation de «High Times», 2019. © Richard Prince. Gracieuseté de l'artiste et Gagosian. Photo: Johnna Arnold.

 

Goût pour la provocation ou simple expérience artistique ? Richard Prince propose une visite de son exposition à la galerie Gagosian de San Fransisco, sous l’effet de sa propre variété de marijuana.

Richard Prince appartient à cette génération d’artistes américains ayant grandi dans les années 1950, au moment de l’explosion des médias de masse (télévision, cinéma et magazines). Apparu sur la scène internationale à la fin des années 1970, aux côtés de Cindy Sherman, Sherrie Levine et Barbara Kruger, comme un représentant majeur de l’Appropriationnisme, il s’attache à déconstruire les mécanismes de représentation et de communication véhiculés par la culture populaire américaine. Son geste artistique radical consiste alors à détourner les images de publicité avec des collages et des recadrages en série pour dénoncer les stéréotypes et clichés qu’elles véhiculent. Son intérêt pour la culture de la marijuana a commencé avec ses « Hippie Drawings » à la fin des années 1990 : des dessins aux couleurs intenses et expressives, d’une joie et d’une naïveté, qui serait presque celle d’un enfant. L’artiste américain s’intéresse à la notion de conscience collective et ses gens en marge de la société issus de la contreculture. Sa dernière série « High Times » apparaît comme une continuité, où Richard Prince s’intéresse de façon soutenue à la culture de la marijuana et réutilise sa technique du collage traditionnel qui rappelle Basquiat et de Kooning. L’artiste accompagne les visiteurs dans un salon de cannabis à proximité de la galerie, où il leur offre des échantillons de sa nouvelle variété intitulée « Katz + Dogg ». Le produit se présente sous la forme de joints prélaminés et de stylos à la vape, tous deux illustrés par l’art de Prince sur l’emballage. À noter que la galerie n’a aucune affiliation avec cette entreprise.

Coup de publicité ou véritable révolution ?

« Tout le monde semble faire le plein » a déclaré la galerie au New York Times. « C’est comme Clooney avec la tequila. J’espère que ça ira aussi bien. » L’artiste a essayé la marijuana pour la première fois en 1967 après avoir assisté à un concert des Doors, a-t-il déclaré au Times, ajoutant qu’il venait seulement de recommencer à en consommer après une pause de trois décennies. Il a également affirmé qu’il ne consommait pas de substance pour réaliser son travail. Sa souche contient 23% de THC, une quantité inférieure à celle que l’on trouve dans la plupart des variétés vendues aux États-Unis. Depuis son ouverture le succès est au rendez-vous chez les visiteurs, mais ne fait pas l’unanimité auprès de la critique : John Yau, écrivant pour Hyperallergic évoque quant à lui un point de vue moins enthousiaste : « Ce sont des œuvres que vous voyez mais que vous ne scrutez pas et que vous ne réfléchissez pas car il n’y a vraiment pas chose à examiner, encore moins à penser. » Peut-être n’avait-il pas consommé la substance de l’artiste avant de voir ses œuvres…

Si l’expérience vous tente, l’exposition est visible jusqu’au 23 août à la galerie Gagosian de San Francisco.


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