Montpellier - Vincent Bioulès, chemins de traverse

Musée Fabre
Jusqu'au 6 octobre 2019

Vincent Bioulès est le grand invité du Musée Fabre de Montpellier, cet enfant du pays né ici à Montpellier il y a 81 ans, et devenu depuis  l’un des plus grands artistes contemporains français. Et l’exposition est juste éblouissante : 200 œuvres retracent l’œuvre du peintre des années 1950 à nos jours. On se souvient des peintures de ses débuts, comme notre jeune artiste refusait les diktats des Beaux-Arts aux côtés des mouvements d’avant-garde, jouant sur une abstraction radicale jusqu’au monochrome, comme on pourra en voir certains panneaux monumentaux ici. Mais Bioulès est un contestataire qui ne fait rien comme tout le monde, et quand l’abstraction devient à son tour une référence, disons-même une mode, il envoie tout valser. Revirement à 180°. Nous sommes au milieu des années 70 et alors que tout le monde ne jure que par l’abstraction lui revient à la figuration. Mais pas n’importe quelle figuration, le sens du paysage d’un Cézanne, les couleurs d’un Matisse, les formes brisées d’un Braque, la sensibilité d’un Bonnard. La couleur est toujours déterminante, mais elle prend forme, se découpe et suggère le motif. Il n’est plus question de casser les règles mais bien de les réinventer. La tradition est un support qu’il va modeler à sa guise, revisitant les grands sujets atemporels comme le paysage, le portrait, le nu… avec une liberté extraordinaire. Un pas de côté comme on dit. Et l’exposition revient sur cette traversée des styles au fil d’une carrière de plus de 60 ans, ne se contentant pas de retracer en chefs-d’œuvre cette magnifique carrière, elle va aussi l’éclairer. Quels furent les éléments historiques qui jouèrent dans cette déradicalisation ? Comment l’artiste travaille-t-il entre la peinture sur le motif et le retour à l’atelier ? Nous découvrirons non seulement ses toiles monumentales brossées d’un geste vif, ses vues méridionales soignées à l’extrême, ses nus tranchants aux côtés de ses carnets de croquis, ses délicats pastels ou fusains préparatoires, nous dévoilant un dessinateur hors-pair que l’abstraction masquait. Se révèlent alors la volupté de ses compositions paysagères, le lyrisme de sa couleur, la stylisation du motif, l’intensité des lumières méditerranéennes, vibrant au fil des heures…  Du littoral à l’arrière-pays montagneux, l’artiste construit une géographie intime et poétique de sa région comme autant de fenêtres ouvertes sur le monde. Son monde. Nous allons suivre son cheminement artistique, en quête de sa propre vérité mais surtout du pur plaisir de peindre. Car il est bien là le fil rouge de sa carrière et de cette exposition, le bonheur de peindre, celui-là même que ressentaient Monet, Matisse, Bonnard en leur temps, celui-là même que Vincent Bioulès nous offre à travers cette splendide rétrospective.

  • Vincent Bioulès, Volley ball, 1966
  • Vincent Bioulès,Autoportrait issu de la série Je suis, tu es, vous êtes, ils sont, ou la leçon du temps et de l'amitié,1990
  • Vincent Bioulès,Le Soir dans le jardin, 2016
  • Vincent Bioulès, Stéphanie, 1987
  • Vincent Bioulès, Sans titre, 1969
  • Vincent Bioulès, L'ile Maire!, juin 1994-mars 1995
  • Vincent Bioulès, Issanka, 1969
  • Vincent Bioulès, Daphné, 1998-1999
  • Vincent Bioulès, Carnon, 1989-1992
  • Vincent Bioulès, Au retour des Aresquiers, juillet 1967

 

Vincent Bioulès est l’un des acteurs incontournables de la peinture contemporaine, le fondateur du groupe « Supports / Surfaces » qui accordait plus d’importance au geste créatif qu’au sujet de l’œuvre, et l’une des figures majeures du retour à la figuration en peinture dans les années 1970. Sa marque de fabrique ? Peindre des sujets classiques comme des paysages, des nus ou des portraits tout en bouleversant les codes préétablis des arts plastiques. Étant né à Montpellier en 1938, c’est tout naturellement au Musée Fabre que l’on peut voir, cet été, la plus grande exposition qui lui ait jamais été consacrée. L’accrochage nous propose de « traverser » l’ensemble de ses expérimentations et de son travail qui allie aussi bien observation sur le motif que dessin d’après modèle vivant et travail en atelier. On y découvre également ses plus beaux paysages du littoral méditerranéen et ceux représentant les terres de l’arrière-pays. C’est également l’occasion d’admirer quelques-uns de ces nus monumentaux peints entre 1988 et 1992 qui ont profondément marqué le monde de l’art. Ces gigantesques formats sont l’expression même du plaisir qu’éprouve l’artiste en peignant depuis plus de cinquante ans.


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