La collection Alana

Musée Jacquemart-André
Jusqu'au 20 janvier 2020

CHEFS-D'OEUVRE DE LA PEINTURE ITALIENNE

  • 06-6b-NardoDiCione-Annonciation V_2
  • 50-Botticelli-Christencroix
  • 51_3-Rosselli-CristoRedentore
  • 59_DellaRobbia_ViergeEnfantMe╠üdaillon
  • 62-Bronzino-StCosme
  • 69-Manfredi-SceneAuberge V_2
  • 71-O.Gentileschi-Annonciation-min

 

Cela deviendrait presque une habitude, le magnifique Musée Jacquemart-André accueille à nouveau en sa demeure un couple de collectionneurs – Alvaro Saieh et Ana Guzmán – pour nous révéler l’une des collections les plus prestigieuses d’art de la Renaissance italienne. Pourtant, force est de reconnaître que cette collection Alana n’est que très peu connue du grand public. Et pour cause, elle est aussi l’une des plus secrètes, sortant pour la première fois de ses réserves et salons privés pour s’exposer dans la capitale. Et quelle merveille. Ces chefs-d’œuvre sont le fruit du travail de toute une vie, nos collectionneurs passionnés ayant réuni avec passion des œuvres des plus grands maîtres, Le Tintoret, Véronèse, Bronzino, Bellini, Carpaccio, Fra Angelico, Uccello, et bien d’autres… Plus de quatre siècles d’expérimentation artistique s’offrent à nous, comme un magistral cours d’Histoire de l’art, traversant l’Art gothique et la Renaissance florentine pour nous mener aux XVIe et XVIIe siècles, des panneaux dorés des primitifs italiens à des compositions architecturales flamboyantes. Une invitation à redécouvrir les icônes de la peinture religieuse, à se laisser éblouir par la lumière sacrée des tableaux d’or, apaiser par les visages bienveillants des vierges et autres saints, et illuminer par la présence suggérée d’un divin invisible.

Le Saviez-vous ?  La Collection Alana tient son nom de la réunion du prénom de celui de ses propriétaires, Alvaro Saieh et Ana Guzmán.

 

À la loupe dans la collection Alana

Lorenzo Monaco, L’Annonciation, vers 1420-142

  • 1205px-Lorenzo_monaco,_trittico_dell'annunciazione

 

Le Peintre

Piero di Giovanni, dit Lorenzo Monaco, fut le peintre florentin le plus célèbre du début du XVe siècle. Moine et enlumineur, il fut formé dans la tradition du peintre Giotto, considéré comme le premier peintre de la Renaissance. Cependant, esprit indépendant et désireux d’imprimer sa marque, il délaissa vite ce style pour peindre dans la lignée du gothique international. Son élève deviendra illustre : ce n’est autre que Fra Angelico, qui tourne définitivement la page du style giottesque.

Qu’est-ce que … le gothique international ?

Fait rarissime en Histoire de l’art, entre la fin du XIVe siècle et le début du XVe siècle, un ensemble de codes et de procédés stylistiques semble régir la production de tous les importants foyers artistiques européens en atténuant les styles régionaux, d’où le nom d'international. Précieux, riche et élégant, tout en lignes sinueuses, détails, parures et couleurs vives, il est parfois vu comme la dernière manifestation artistique du style médiéval avant la révolution italienne.

La symbolique du tableau

Dans cette scène d’annonciation, la main levée de Marie laissant tomber son psautier indique sa surprise. Sa pureté est symbolisée par les lys du bouquet au centre du panneau. Son regard doux tourné vers le spectateur du tableau donne à l’œuvre une dimension accessible. À genoux, l’ange aux ailes colorées est humble devant la mère de Dieu. Ne manquez pas le personnage-clé de ce tableau : au-dessus du bouquet, la très discrète colombe du Saint-Esprit descend pour apporter l’Esprit saint à la Vierge.

Les inspirations

Cette composition est inspirée du panneau central du très ancien triptyque  de Taddeo Gaddi, aussi élève de Giotto, pour la Santa Maria delle Croce al Tempio, vers 1340. Il ressemble aussi à l’un des premiers retables de Lorenzo Monaco sur le même sujet, peint pour l’église florentine de San Procolo, vers 1415. L’artiste a repris le haut du corps de Gabriel et de Marie de son œuvre de jeunesse.