Corps à Corps - Yan Pei-Ming face à Courbet

Petit Palais
Jusqu'au 19 janvier 2020

  • Yan Pei-Ming, L’artiste à 58 ans, Yan Pei-Ming, 2019
  • Yan Pei-Ming dans son atelier, Dijon, 2019
  • Yan Pei-Ming, Dijon, 2019
  • Courbet, Proudhon et ses enfants
  • Courbet, Les Demoiselles des bords de la Seine
  • Courbet, Le Sommeil
  • Courbet, La sieste pendant la saison des foins
  • Courbet, Courbet au chien noir

 

Pour le 200ème anniversaire de Gustave Courbet, le Petit Palais offre un cadeau osé : un face-à face de l'artiste avec Yan Pei-Ming.

Quelle audace ! Confronter l’artiste contemporain franco-chinois Yan Pei-Ming avec le maître du Réalisme, Gustave Courbet, dont on célèbre cette année le 200e anniversaire. Pour l’occasion, le Petit Palais présente les plus belles toiles de Courbet – dont Le Sommeil, Les Demoiselles de Bord de Seine, L’Autoportrait au chien, Les Amants dans la campagne, ou encore La Sieste pendant la saison des foins – et les expose en face-à-face avec les œuvres monumentales de Yan Pei-Ming, réalisées spécialement pour ce bicentenaire, dont certaines peintes dans l’atelier de Courbet à Ornans.

  • Vue exposition Yan Pei Ming face à Courbet - Petit Palais - Paris (2)
  • Vue exposition Yan Pei Ming face à Courbet - Petit Palais - Paris (3)
  • Vue exposition Yan Pei Ming face à Courbet - Petit Palais - Paris (4)
  • Vue exposition Yan Pei Ming face à Courbet - Petit Palais - Paris (5)
  • Vue exposition Yan Pei Ming face à Courbet - Petit Palais - Paris (6)
  • Vue exposition Yan Pei Ming face à Courbet - Petit Palais - Paris (7)
  • Vue exposition Yan Pei Ming face à Courbet - Petit Palais - Paris (8)
  • Vue exposition Yan Pei Ming face à Courbet - Petit Palais - Paris (9)
  • Vue exposition Yan Pei Ming face à Courbet - Petit Palais - Paris (10)
  • Vue exposition Yan Pei Ming face à Courbet - Petit Palais - Paris (11)
  • Vue exposition Yan Pei Ming face à Courbet - Petit Palais - Paris (12)
  • Vue exposition Yan Pei Ming face à Courbet - Petit Palais - Paris (13)
  • Vue exposition Yan Pei Ming face à Courbet - Petit Palais - Paris (14)
  • Vue exposition Yan Pei Ming face à Courbet - Petit Palais - Paris (15)
  • Vue exposition Yan Pei Ming face à Courbet - Petit Palais - Paris (16)
  • Vue exposition Yan Pei Ming face à Courbet - Petit Palais - Paris (17)
  • Vue exposition Yan Pei Ming face à Courbet - Petit Palais - Paris (18)
  • Vue exposition Yan Pei Ming face à Courbet - Petit Palais - Paris (19)
  • Vue exposition Yan Pei Ming face à Courbet - Petit Palais - Paris (20)
  • Vue exposition Yan Pei Ming face à Courbet - Petit Palais - Paris (21)
  • Vue exposition Yan Pei Ming face à Courbet - Petit Palais - Paris (22)
  • Vue exposition Yan Pei Ming face à Courbet - Petit Palais - Paris (23)
  • Vue exposition Yan Pei Ming face à Courbet - Petit Palais - Paris (24)
  • Vue exposition Yan Pei Ming face à Courbet - Petit Palais - Paris (25)
  • Vue exposition Yan Pei Ming face à Courbet - Petit Palais - Paris (26)
  • Vue exposition Yan Pei Ming face à Courbet - Petit Palais - Paris (27)
  • Vue exposition Yan Pei Ming face à Courbet - Petit Palais - Paris (28)
  • Vue exposition Yan Pei Ming face à Courbet - Petit Palais - Paris

 

Une filiation se crée de manière troublante entre ces deux peintres, séparés de presque six générations. Les œuvres des deux artistes se parlent et se répondent dans une scénographie qui recrée l’ambiance des Salons du XIXe siècle, comme une sublime mise en abîme des époques. En réinterprétant les œuvres de Courbet, avec sa gestuelle impulsive et ses accumulations de matière noire, Yan Pei-Ming amorce un questionnement profond vis-à-vis de la peinture classique, tout en lui rendant hommage. De près, des masses sombres, griffées sur la toile, d’où jaillissent quelques faibles rayons de matière pâle, comme un ultime rayon d’espoir. Avec du recul, le détail s’efface, la réalité surgit. Des années plus tard, les sujets classiques qu’affectionnait particulièrement le peintre franc-comtois – portraits, nus, paysages, animaux – nous semblent d’une modernité stupéfiante. Les vues familières du Doubs se juxtaposent aux tours de Shanghai dans une nuit brumeuse qui perturbe nos repères contemporains. Les portraits des proches des deux artistes – du grand-père en col mao de Yan Pei-Ming à la jeune sœur de Gustave Courbet – semblent se réunir en famille, dans un dialogue multigénérationnel respectueux. Même la violence sourde infusée dans les toiles écorchées de Yan Pei-Ming trouve écho dans les nus abandonnés de Courbet. Leurs œuvres s’affranchissent du temps. Ne subsiste dès lors qu’une charge émotionnelle intemporelle, faisant écho à l’histoire personnelle de chacun. Une exposition immanquable qui réveille magnifiquement le maître d’Ornans, qui du haut de ses 200 ans, nous semble plus vivant que jamais.

Le Saviez-vous ?

Le Petit Palais possède l’une des plus grandes collections de tableaux de Courbet grâce à des achats de la Ville de Paris effectués dès la fin du XIXe siècle, enrichis au début du XXe siècle par les dons de sa sœur, Juliette Courbet et du critique Théodore Duret.

Pourquoi Courbet ?

L’obsession de Yan Pei-Ming pour Courbet ne date pas d’hier. Lorsqu’il était étudiant en Chine, l’artiste découvre le travail du chef de file des Réalistes dans un livre de propagande en noir et blanc, le présentant comme un artiste révolutionnaire, notamment par son engagement politique lors de la Commune de Paris. Lors de son arrivée en France dans les années 80, Yan Pei-Ming se rend au Louvre pour y admirer les œuvres du maître, en vrai. Révélation. L’artiste est fasciné par L’atelier de l’artiste (1855) et Un enterrement à Ornans (1849-50), œuvres desquelles se dégage une énergie vivace et complexe, échappant aux règles de la peinture romantique de son époque. Yan Pei-Ming ira même jusqu’à se rendre en « pèlerinage » à Ornans, sur les terres du Doubs où l’artiste réalisa ses plus grands chefs-d’œuvre.

Around ten works by Gustave Courbet will be exhibited, all from the collection of the Petit Palais, facing fifteen monumental paintings by Yan Pei-Ming, mostly made in Courbet’s workshop in Ornans.