Balzac et Grandville- Une fantaisie mordante

Maison de Balzac
Jusqu'au 13 janvier 2020

  • Maison de Balzac
  • Maison de Balzac
  • LE RENTIER ET SA FEMME, 1840
  • Le peuple livré aux impôts dans la grande fosse du budjet
  • TYPE DU RENTIER
  • Maison de Balzac 2
  • Règne animal
  • LES METAMORPHOSES DU JOUR. L'ATTENTE D'UN CONVIVE
  • [Maison de Balzac ; d'après Grandville. Honoré de Balzac, le plus fécond de nos romanciers, soutenu et couronné par des femmes qui avaient 30 ans il y a dix ans]

 

Balzac et Grandville : un duo truculent et férocement engagé

On le sait peu mais avant de devenir un écrivain à succès, Balzac a été journaliste. Un journaliste politiquement engagé, amoureux des caricatures satiriques, à une époque où la liberté de la presse était particulièrement malmenée. C’est dans ce contexte que naîtra une amitié singulière, entre un écrivain à la plume acérée – Honoré de Balzac – et un dessinateur au trait piquant – Jean-Jacques Grandville –, reconnu pour ses remarquables caricatures animalières. Entre ces deux-là, c’est l’évidence. Dessins, gravures, affiches... plus de cinquante œuvres tantôt satiriques, parfois poétiques ou fantastiques mettent en image leur étonnante rencontre.

Tout commence dans les salles de rédaction des journaux qui fleurissent à la fin du règne de Charles X. Parmi les dessins de Grandville que l’on découvre, une gravure attire notre attention, elle est annotée de la main de Balzac, qui voit dans cette caricature anti-gouvernementale une leçon pour les « pantins politiques ». Et effectivement, les thèmes des œuvres exposées ici – du haut de leurs 200 ans – ont un écho étonnamment actuel, abordant aussi bien le poids de la fiscalité que la lutte contre le gouvernement ou la censure. C’est tout un chassé-croisé d’échanges qui se révèle dans un accrochage en miroir, passant des commentaires de l’écrivain sur les illustrations de Grandville aux caricatures drôles et piquantes – mais toujours bienveillantes – de ce dernier pour son ami.  Entre les féroces satires républicaines de l’un et les sensibilités monarchistes de l’autre, les chemins professionnels des deux hommes vont finir par diverger. Mais leur amitié résistera. Après les lois du 9 septembre 1835 qui musèlent l’opposition républicaine dans la presse, Grandville abandonnera son combat politique au profit de l’illustration de romans. C’est alors que sa route recroise celle de Balzac, mettant sa poésie, son sens du fantastique et ses talents de caricaturiste au service du romancier, se moquant tendrement des rentiers économes et autres épiciers cupides dans des dessins à la fantaisie mordante. Une fabuleuse histoire d’amitié, sur fond d’admiration et de respect mutuel, réunissant deux hommes épris de justice et de liberté.

This exhibition highlights the complicity that existed between the novelist Balzac and the caricaturist and illustrator Grandville, while underlining the theme of freedom of the satirical press.