Eric Ceccarini à la Galerie Hegoa

Galerie Hegoa
Du 8 novembre 2019 au 11 janvier 2020

The Painters Project

La Galerie Hegoa accueille cet automne, les nouvelles créations du projet hors-normes du photographe Eric Ceccarini, rencontre de la peinture et de la photographie. Un corps qui devient toile qui devient photographie... C’est à une surprenante mise en abîme plastique que nous convie Eric Ceccarini à la Galerie Hegoa avec son nouveau projet, The Painters Project. Ce photographe cosmopolite – d’origine italienne, né en Belgique, installé à Ibiza – s’associe depuis plus de six ans avec des peintres venus du monde entier pour créer à quatre mains des œuvres mêlant peinture et photographie. Plus de 120 artistes plasticiens ont participé à ce jour à ce projet aux proportions pharamineuses. The Painters Project scelle la rencontre singulière de deux regards, celui d’un peintre – ou plutôt d’une centaine – et d’un photographe. C’est une expérience unique qu’offre Eric Ceccarini aux artistes plasticiens du projet, dont la plupart n’ont jamais créé d’œuvre en trois dimensions à partir d’un modèle vivant. Caressés par les pinceaux, les corps se muent en véritables toiles vivantes.

 

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Eric Ceccarini les photographie ensuite – plusieurs milliers de clichés pour obtenir le résultat voulu – immortalisant ainsi par le biais de l’objectif ces œuvres éphémères. Douces et veloutées, ses images parviennent à faire surgir les corps éclatants et sensuels des modèles. Il est bien difficile de qualifier précisément l’esthétique de cette série tant chaque œuvre diffère l’une de l’autre, chacune reflétant la singularité de l’artiste qui l’a peinte. The Painters Project rassemble en effet un large panel de techniques plastiques. Certains plasticiens adoptent une approche purement picturale. C’est le cas de Lina Redford, qui applique d’épaisses couches de peinture sur le corps du modèle, dans une démarche qui n’est pas sans rappeler l’expressionnisme abstrait en vogue dans les années 1950 aux Etats-Unis. D’autres préfèrent une approche plus sculpturale, comme Tom Frantzen, qui tend à transformer le modèle en une statue en lui appliquant ce qui ressemble à du plâtre, comme pour faire un moulage. Certains artistes ont recours à des techniques moins « orthodoxes », comme le tag ou la calligraphie. Avec ses inscriptions dorées, Nutsy transforme ainsi le corps du modèle en une tablette mésopotamienne dont les écritures ancestrales font écho aux graffitis contemporains. Edmundo Solari appose quant à lui des motifs carrés bleus et délicats, comme s’il transformait le corps du modèle en un tatouage géant. Proches de l’esthétique du paint dripping, Adrien Cupper et Jacqueline Bozon offrent à la peinture de tracer son propre chemin, la laissant couler plus ou moins librement sur les corps, épousant ainsi les formes onduleuses du modèle et couvrant les corps de larmes colorées. Certaines des œuvres du projet convoquent également un imaginaire lointain, celui des arts premiers et des peuples indigènes. Gaël Froget peint ce qui ressemble à une guerrière aborigène, à grands traits de peinture rouge, blanche et noire, tandis que Chloé IP semble figurer une femme d’Afrique à la parure et au maquillage traditionnels. Expérience esthétique naviguant entre peinture et photographie, figuration et abstraction, art occidental et non-occidental, The Painters Project offre un incroyable panorama de la beauté du corps féminin.

 

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Questions à Nathalie Atlan Landaburu, responsable de la Galerie Hegoa

 

Comment décririez-vous l’esthétique d’Eric Ceccarini ?

Les photographies d’Eric ont un côté à la fois féerique et spontané, elles subliment le sujet représenté tout en célébrant la vraie beauté du corps. C’est son regard de photographe – très attaché aux courbes, aux lignes et aux reflets – qui, malgré la grande diversité des œuvres qui forment The Painters Project, fait la cohérence de la série. Eric porte toujours un regard respectueux sur ses modèles et ne les photographie que dans des poses naturelles, en refusant tout aspect aguicheur. Il veut montrer des corps bien réels, sans retouche, naturellement beaux, en laissant apparents le grain de peau et les petites imperfections. C’est ce respect et cette bienveillance qui fait la beauté de son travail.

 

Plusieurs œuvres entrent en résonnance avec les arts premiers. Etait-ce volontaire ?

Eric laisse carte blanche aux artistes avec lesquels il choisit de travailler, il n’oriente pas la création. Consciemment ou inconsciemment, certains de ces peintres ont peut-être été inspirés par cette technique ancestrale qu’est la peinture sur corps, qui se pratique encore dans certaines régions du monde – technique probablement aussi ancienne, si ce n’est plus encore, que les peintures murales dans les grottes.

 

Que reste-t-il de son expérience de photographe de mode dans ce travail ?

Eric ne travaille qu’avec des mannequins professionnelles qu’il a côtoyées auparavant. Il sait ce qu’il peut attendre de ses modèles, habituées à poser, et sait comment les mettre en confiance. En revanche, il a complètement abandonné la lumière artificielle des photos de mode pour travailler uniquement avec la lumière naturelle. Le résultat est juste éblouissant.

 

Focus sur l'artiste, Eric Ceccarini

 

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Eric Ceccarini est un photographe à contre-courant comme on les aime. Quand la tendance est à la photographie crue et engagée, quand le débat sur la féminité fait rage, quand la photographie de mode est devenue l’ultime référence en terme d’esthétisme, quand les œuvres d’art se doivent d’être sur toiles, lui, voit les choses autrement. Notre photographe envoie tout valser, conventions, bien-pensance, phénomènes d’actualité… Il ne garde que la beauté, pure, vraie, puissante. Son support sera le corps de la femme, son pinceau sera celui d’artistes peintres de renommée mondiale, sa lumière ne sera pas celle des projecteurs mais la lumière chaude et naturelle du sud de la France, ses photos ne seront pas en noir et blanc mais dans des couleurs explosives absolument inédites en photographie. Et c’est là que la magie opère. Notre artiste se fait prendre à son propre jeu. En invitant une centaine de peintres à créer des œuvres inédites sur peau, il immortalise dans ses clichés l’instant du Sublime, dans des toiles vivantes. Ses images sont très douces, veloutées, extrêmement picturales. Si pour les artistes, c’est une première, devant « s’adapter à un lieu, une lumière, un support qui sont tout à fait inhabituels », pour le public, c’est une révélation. Une tradition du portrait revisitée, électrique, intense, sensuelle, la féminité sublimée au naturel, hors du temps. Chaque œuvre est exclusive, dans la limite de moins de 10 tirages uniques par modèle. Editions limitées donc. On ne sait pas vous, mais nous on a craqué…

Eric Ceccarini, who began as a fashion photographer, moving on to nudes in the ethereal form. These works are monumental in scale, adding to their sense of restrained power. In his artistic works, he captures women’s essence and soul, transcending mere physical representation.


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