* Exposition Josef Koudelka. Ruines, à la BnF

BNF
Du 15 septembre au 16 décembre 2020

  • Josef Koudelka, Temple d'Apollon, Delhpes, 1991
  • Josef Koudelka, Amman, Jordanie, 2012
  • Josef Koudelka, Apollonia, Libye, 2007

 

3

La beauté des ruines

Comment ne pas s’émerveiller devant ces ruines spectaculaires, vestiges de monuments transformés par le temps, la nature, la main de l’homme et les désastres de l’Histoire ? Pendant près de trente ans, le photographe français d’origine tchèque Josef Koudelka a sillonné 200 sites archéologiques du pourtour méditerranéen, berceau de notre civilisation.

De la France à la Syrie, en passant par le Maroc, la Sicile, la Grèce ou la Turquie, son objectif a saisi la beauté chaotique des ruines antiques à travers des photographies panoramiques en noir et blanc. La Bibliothèque nationale de France présente 110 tirages exceptionnels issus de ce projet singulier, dont certains sont dévoilés pour la première fois.

« Les Grecs et les Romains ont été les plus grands paysagistes de l’Histoire, explique le photographe, et dès lors, pour moi, photographier le paysage, c’était donner à voir cette admirable science de l’espace, de la lumière et des formes ». Josef Koudelka porte un regard inédit sur ces sites iconiques, dont nous avons tous déjà aperçu des images, renouvelant notre vision de ces vestiges.

Alternance de vues lointaines et de gros plans, de fragments, de jeux d’ombres et d’étagement des plans, vues en plongée ou en contre plongée … Le photographe s’empare pleinement du médium pour capter l’essence de ces sites archéologiques, mettant en lumière les évolutions liées au passage destructeur du temps, des hommes et de la nature qui reprend ses droits.

Pris au lever ou au coucher du soleil, ses clichés dévoilent des pavements, des colonnes, des sculptures et des bas-reliefs esseulés, vestiges abandonnés dont l’aspect délabré trahit la géométrie irréprochable des sites. Beau à vous couper le souffle.

Le saviez-vous ?

Les ruines font l’objet de représentations artistiques depuis au moins le Moyen-Âge, où elles illustraient souvent des épisodes religieux liés au chaos comme l’apocalypse ou la chute de Babylone. À la Renaissance, elles entretiennent le souvenir de la civilisation gréco-romaine disparue, érigée en modèle indépassable. C’est au tournant du XVIIIe et du XIXe siècle qu’elles deviennent un thème pictural majeur, magnifiées par les artistes romantiques qui voient en elles le symbole du déclin et de la décadence.

Josef Koudelka photographed ruins like nobody else before. His pictures reveal all the beauty of some of the most extraordinary Mediteranean archeological sites.