On a testé pour vous l'opéra "Manon", diffusé gratuitement en cette période de confinement

Opéra de Paris
Du 17 au 22 mars 2020

  • Opera national de Paris Manon-19-20-Julien-Benhamou-OnP-21

 

Depuis mardi soir, et jusqu'au dimanche 22 mars, vous pouvez visionner, sans bouger de chez vous, l'opéra "Manon" mis en ligne gratuitement par l'Opéra de Paris et Culturebox, le coup de coeur du jour de notre rédaction. Il devait initialement être diffusé dans les cinémas, en plus de sa présentation sur scène jusqu'au 10 avril, mais l'épidémie de coronavirus a changé la donne.

Regarder l'opéra

Cet opéra comique est adapté du roman de l'abbé Prévost, L’Histoire du Chevalier des Grieux et de Manon Lescaut, qui fit scandale lors de sa parution au 18ème siècle. Il retrace l'histoire d'une femme mutine, Manon, animée par un profond désir de liberté, la faisant passer pour une femme aux moeurs légères. Alors qu'elle vit une passion amoureuse destructrice avec le chevalier des Grieux, elle cède à ses envies inassouvies de luxueuses dépenses et de fêtes en tous genres.

Ravis de découvrir cette nouvelle adaptation du roman, grâce à l'initiative de l'Opéra de Paris, nous nous installons confortablement dans notre canapé, bien déterminés à nous laisser porter pendant trois heures par la magnifique voix de Pretty Yende qui interprète le rôle-titre. Malgré les quelques difficultés rencontrées pour se concentrer, entre les cris des enfants qui tentent de se défouler dans la cour de l'immeuble et les appels téléphoniques, certes appréciables, des proches et amis, nous avons été séduits par la mise en scène envoûtante de Vincent Huguet, qui alterne parties chantées et ajouts d'extraits musicaux de Joséphine Baker, le tout dans un style art déco. Le metteur en scène a pris quelques libertés avec le roman en délaissant le cadre historique original, le XVIII ème siècle, au profit des années folles, faisant défiler les costumes aux couleurs bigarrées et alternant les décors de manière vertigineuse, entre une auberge et la chapelle Saint-Sulpice, suscitant l'évasion totale du spectateur, pris dans le tourbillon de l'amour.

On s'attache à ces héros, bourrés pourtant de vils défauts, de la triche à l'infidélité, mais, comme Montesquieu l'a si bien expliqué : " Je ne suis pas étonné que ce roman, dont le héros est un fripon et l'héroïne une catin qui est menée à la Salpêtrière, plaise, parce que toutes actions du héros, le chevalier des Grieux, ont pour motif l'amour, qui est toujours un motif noble, quoique la conduite soit basse."