Judith décapitant Holopherne est-il vraiment un Caravage ?

Arte
Jusqu'au 23 mars 2020

  • Judith décapitant Holopherne

 

Que visionner ce soir, après avoir terminé sa journée de télétravail ? Arte propose en replay une  incroyable enquête, qui vous tiendra en haleine, sur l'affaire Caravage, jusqu'au lundi 23 mars.

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Rappelez-vous ce monstrueux tableau, parmi les plus effrayants, retrouvé dans le grenier d'une famille toulousaine, en 2014, après 400 ans d'oubli. Lorsque Marc Labarbe, commissaire priseur, découvre cette huile sur toile poussiéreuse représentant Judith, décapitant le général assyrien Holopherne, qui a assiégé sa ville, il est loin de se douter de la valeur du tableau. Mais, en contemplant le regard intense de Judith et le clair-obscur si puissant de l'oeuvre, il en est sûr et certain : ce tableau est bien un Caravage. Il va falloir cependant prouver l'authenticité de cette miraculeuse trouvaille.

Dès lors, commence une enquête qui va durer des années. Le ministère de la Culture s'en mêle et enferme ce trésor pendant 30 mois en France, et la sphère médiatique s'agite. Le documentaire "L'affaire Caravage", sur Arte, nous emmène à Rome, à Naples et à Milan pour tenter de résoudre ce mystère mais les avis des experts caravagistes divergent : certains, comme Gianni Papi, se montrent sceptiques, considérant les traits du visage de la servante grotesques, et donc non imputables au Caravage alors que le spécialiste anglo-saxon, John Gash, voit dans le souci du détail propre à cette oeuvre la touche réaliste du peintre mondialement renommé. Cette oeuvre picturale devient le tableau de la discorde, incitant d'éminents scientifiques à explorer ses couches profondes à l'aide de rayons infrarouges, afin de distinguer les différentes étapes de la création. L'expert en tableaux, Eric Turquin, obtient une autorisation de sortie de territoire pour le comparer à sa soeur jumelle  à Naples, peinte par le flamand Louis Finson. Et là encore, c'est une révélation : les deux tableaux ont été peints sur un support similaire et possèdent des coutures au même emplacement.

Le spectateur passe d'émotions en émotions, allant de la déconvenue à l'émerveillement durant le visionnage de ce documentaire. Il ne cesse de se demander si le tableau, estimé à 120 millions d’euros, sera bel et bien attribué au Caravage et si sa vente aux enchères sera un franc succès ou s'il sera désavoué.