Max Klinger, le précurseur méconnu du symbolisme allemand

Arte TV
Disponible jusqu'au 28 mars 2020

  • Max Klinger, La Sirène, 1895

 

Arte dresse le portrait du peintre et sculpteur allemand Max Klinger (1857-1920), qui contribua à l’émergence du mouvement symboliste et qui devint célèbre pour l’érotisme tendre de son œuvre.

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Le nom de Max Klinger ne vous dit peut-être rien, et pourtant, il fut l’un des artistes phares de l’Allemagne de Guillaume II. Graveur, peintre, sculpture … Ce précurseur du symbolisme outre-Rhin s’initia toute sa carrière durant à de nombreuses pratiques artistiques dans le but de créer l’œuvre d’art totale.

On découvre un artiste touche-à-tout, passionné par la littérature et la philosophie, n’hésitant pas à puiser son inspiration au plus profond de ses rêves – vingt ans avant que Sigmund Freud ne publie son Interprétation du rêve. Le documentaire diffusé par Arte nous dévoile son parcours atypique, de Leipzig à Berlin, en passant par Paris et Rome, jusqu’aux Sécessions berlinoise et viennoise.

Artiste insatiable, Max Klinger se fait d’abord connaître comme graveur – certains le considèrent aujourd’hui encore comme l’un des plus grands graveurs de l’histoire de l’art. Puis il s’essaie à la peinture, faisant scandale avec ses toiles à l’érotisme torride. Mais c’est dans la sculpture qu’il s’accomplit pleinement, art qui lui permet de combattre avec la matière.

Fasciné par Rodin, dont il devient l’ami, il s’inspire de la force expressive du maître français pour créer des sculptures monumentales où l’onirisme n’est jamais bien loin. C’est le cas de son Beethoven assis, considéré comme son chef d’œuvre, œuvre imposante de 8,5 tonnes où le compositeur allemand est représenté comme un dieu antique, plongé dans ses pensées.

On découvre également l’intimité d’un homme prisonnier des mœurs bourgeoises de son temps, dont la liaison avec Elsa Asenijeff, figure extravagante des cercles littéraires de Leipzig, fit scandale. Passionné par la figure de la femme, fétichiste de la beauté des corps, Max Klinger n’aura cessé de représenter le mystère de l’amour et de l’érotisme, comme en témoigne la sensualité des œuvres tardives inspirées par sa compagne Gertrud Bock.

Malgré les nombreux témoignages de spécialistes, qui nous permettent d'avoir un premier aperçu de l’artiste et son époque, le documentaire nous laisse un peu sur notre faim. On aimerait en savoir davantage sur son oeuvre teinté d'onirisme, son rapport au mouvement symboliste et sa participation aux Sécessions berlinoise et viennoise. À creuser !