Jeune fille à la perle : de nouvelles analyses révèlent les secrets du tableau de Vermeer

 

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Des scientifiques ont mis en évidence de nouveaux détails dans le chef d’œuvre de Vermeer et ont découvert comment le peintre avait réalisé le tableau.

La Jeune fille à la perle, célébrissime tableau de Vermeer, n’avait plus fait l’objet d’analyses scientifiques depuis 1994. Abrité par le Mauritshuis à La Haye, le tableau, peint vers 1665, a eu droit à une batterie d’examens menée par des chercheurs et des conservateurs pour en apprendre davantage sur cette œuvre au pouvoir de fascination rarement inégalée. Leurs découvertes nous dévoilent un tableau beaucoup plus « humain », nous révélant des secrets tant sur le modèle que sur le peintre, comme l'explique le musée dans un communiqué.

Des cils invisibles et un rideau effacé

Les analyses effectuées ont permis de révéler différents éléments restés jusqu’à présent dans l’ombre, dont la présence de minuscules cils autour des yeux de la jeune fille, invisibles à l'œil nu. Ces cils microscopiques, observés grâce au rayon X macro fluorescent, confèreraient selon les chercheurs une plus grande personnalité au modèle, dont on ne connaît toujours pas l’identité – cet anonymat a d’ailleurs fait l’objet du roman de Tracy Chevalier, intitulé La jeune fille à la perle, adapté au cinéma avec Scarlett Johansson et Colin Firth.

Les examens ont également permis de mettre en avant l'existence d'un rideau vert dans l'arrière-plan, alors que le fond du tableau semble être complètement vide. Repéré grâce à l’analyse des variations de couleurs, le rideau vert devant lequel la jeune femme est représentée s’est estompé au fil des siècles jusqu’à disparaître complètement.

Des pigments « plus précieux que l’or »

Les recherches menées ont également permis aux équipes mobilisées d’en apprendre davantage sur la technique picturale de Vermeer, les pigments qu’il utilisait ainsi que les différentes étapes de la réalisation du tableau. On découvre ainsi que plusieurs détails de la composition ont été modifiés par le peintre, dont la position de l'oreille, le haut du foulard et la nuque.

Les analyses ont mis en évidence l’utilisation de pigments d’une très grande qualité, provenant du monde entier, du Mexique à l’Asie. Vermeer a notamment utilisé un bleu outremer d'Afghanistan obtenu à partir d’une pierre semi-précieuse qui, à l'époque, était considéré comme plus précieux que l'or. Il a également eu recours à deux pigments de blanc aux propriétés optiques différentes pour obtenir, dans les zones où l’on passe de l’ombre à la lumière, un effet de transparence sur la peau du modèle.

Sans révéler pour autant l’identité du modèle, ces découvertes rendues possibles grâce à la technologie nous permettent d’en savoir davantage sur ce tableau énigmatique qui n’a pas fini de nous faire fantasmer.


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