* Exposition de Caroline Le Méhauté, lauréate du prix Art [ ] Collector 2020

24 Beaubourg
Du 17 au 28 novembre 2020

  • Portrait Caroline Le Méhauté
  • Negociation 30, Timon et Timon de Caroline Le Méhauté, 2011
  • Negociation 32, Cocotrope de Caroline Le Méhauté, 2011
  • Negociation 95, Décoloniser les imaginaires de Caroline Le Méhauté, 2018
  • Négociation 34, Porter surface de Caroline Le Méhauté, 2011
  • Négociation 82, Meta (détail) de Caroline Le Méhauté, 2016
  • Négociation 68, Unroot de Caroline Le Méhauté, 2013
  • Graphein 8, Caroline Le Méhauté, 2019
  • Land LXIII, Caroline Le Méhauté, 2015

 

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Art [ ] Collector, une passion pour la jeune création

« Des collectionneurs invitent un artiste » : c’est leur devise. Soucieux de rendre visible la jeune scène de l’art contemporain, le couple de collectionneurs Evelyne et Jacques Deret ont créé Art [ ] Collector en 2011. Leur volonté est avant tout de soutenir des artistes qui sont déjà présents dans des collections et qui apportent un vent de renouveau à la création actuelle. Pour cela, chaque année, deux lauréats bénéficient d’une exposition personnelle, après vote d’un comité de sélection : un vrai coup de pouce auquel s’ajoute un soutien financier et moral. Car les Deret se veulent être de véritables mécènes qui accompagnent l’artiste durant tout son processus créatif, au-delà de l’acte d’achat. Un parti pris original qui valorise les jeunes créateurs en les présentant comme des moteurs indispensables à la culture : « Ce que nous aimons bien chez les jeunes artistes, c’est qu’ils n’ont pas peur, ils peuvent revoir le monde à leur manière » déclare le couple. En réunissant l'artiste avec sa galerie et ses collectionneurs le temps d’un événement, ce projet offre une multiplicité d’expressions sur une œuvre et ses différents acteurs. Un choix ambitieux qui participe au dynamisme de la création française !


Caroline Le Méhauté, une terre en exil

Lauréate du prix Art [ ] Collector 2020, Caroline Le Méhauté est une jeune artiste dont le travail a été remarqué par les plus grands collectionneurs d’art contemporain. Ses œuvres monumentales et organiques nous interrogent. Composées d’une terre friable – la tourbe – moins noble et solide que le marbre ou le bronze, elles nous rappellent par leur caractère organique, parfois même volatile, toute la fragilité de la vie. Pourtant, leur ancrage massif dans le sol, leurs formes géométriques élémentaires et leurs volumes spectaculaires, nous renvoient à une autre dimension essentielle de l’existence (et de la sculpture), celle du socle, une base imperturbable sans laquelle la vie ne peut plus être. Si à première vue ses installations peuvent nous sembler intimidantes, voire écrasantes, elles questionnent avant tout notre écosystème, faisant écho à notre humanité qui dépend d’une terre instable avec laquelle elle demeure dans un état constant de « négociation », pour cohabiter durablement.

Le travail de l’artiste se situe dans un équilibre fragile, oscillant entre poésie et brutalité, entre harmonie et chaos, entre une matière fossile multi-millénaire et des formes contemporaines. Négociation donc entre les forces. Le temps et l’espace se mettent en mouvement, nous échappant presque. Soudainement, la sculpture massive se fait légère et volatile, la masse s’élance vers le ciel, défiant les lois de la gravité terrestre. Le visiteur, habituellement figé et statique face à une œuvre, doit se mouvoir dans l’espace pour prendre la mesure de la création qui s’impose à lui. Les rapports sont inversés, l’œuvre, composée de terres du monde, impose de nouvelles règles du jeu. Il faudra apprivoiser ces sculptures, s’approcher, sentir, ressentir, marcher et revenir sur ses pas, jusqu’à ce qu’elles acceptent – ou pas – de se livrer à nous.

Un tapis de terre qui s’envole vers le ciel, un bloc monolithique prêt à nous écraser, une météorite déçue qui retourne dans l’espace ? L’artiste n’impose rien, elle suggère et nous laisse libres d’interpréter ce que nous souhaitons que notre Terre devienne demain.

  • Négociation 68, Unroot de Caroline Le Méhauté, 2013

 

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FOCUS SUR... Négocation 68, à l'épreuve du chaos

En rencontrant l’univers de Caroline Le Méhauté, on est frappé par ces étranges sculptures de terre dont l’immense corps en lévitation fait d’emblée autorité. Le temps semble se suspendre. On ne sait pas réellement qui est interrogé dans cette confrontation des sens : l’œuvre exposée ou nous-mêmes ? Car cette création produite à partir d’une matière qui nous est commune et qui demeure le sol premier de notre existence se trouve soudainement éparpillée dans les airs, en de multiples fragments chaotiques et toujours silencieux. Nous cherchons le socle de cette sculpture : inexistant, ou du moins poussiéreux. Essayez de trouver un lien, une origine dans cet immense désordre. L’œuvre demeure libre et solitaire, universelle par sa substance mais particulière par son déracinement. Tout s’inverse. La terre est au ciel, poudreuse, scabreuse et insaisissable. Cette solidité plantaire qui nous réconforte tant semble soudain s’éparpiller comme une tempête de sable. En ce sens, elle nous apprend à nous confronter à la fragilité de nos existences, ramenées à l’état de cendres vers un ailleurs incertain. Mais peut-être sommes-nous déjà en train de « négocier » ?


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