* Les origines du monde: l'exposition qui remonte aux sources du musée d'Orsay

Musée d'Orsay
Jusqu'au 14 février 2021

  • Filippo Palizzi (1818-1899) Après le déluge [Dopo il diluvio], 1863 ou 1867
  • André Gill (1840 - 1885) Caricature de Charles Darwin et d'Émile Littré - La Lune Rousse/Deuxième Année - N°89 Dimanche 18 Août 1878
  • Arnold Böcklin (1827-1901), Meeresstille, 1886/87
  • Nicolas Maréchal (1753 - 1802) Ours blanc - Ursus maritimus Phipps (Ursidés) : Ours polaire, 1796
  • Odilon Redon, Décoration Domecy : arbres sur fond jaune
  • Van Oosten Isaack (1613-1661) Le Paradis Terrestre. Adam et Eve et les animaux de la Création
  • Frederic Edwin Church et DeWitt Clinton Boutelle, Cotopaxi, Ecuador, 1862
  • Émile Gallé, La Main aux algues et aux coquillages, 1904
  • Gabriel von Max, Gruss [Greeting (Monkey with Bouquet)], 1901-1915
  • Jacopo Zucchi, Les pêcheurs de corail (L’Allegoria dell’America) 1615-1630

 

10

Le XIXe siècle est un immense laboratoire des sciences naturelles.

Avec la théorie darwinienne, les origines de l’Homme sont rapidement réinterrogées pour souligner ses liens de parenté avec le singe et son évolution dans de multiples écosystèmes. C’est en retraçant les différentes pensées sur la nature, du monde biblique tel qu’il est décrit dans la Genèse aux premiers traités de zoologie de la Renaissance, que l’on prend conscience du bouleversement causé par les sciences au lendemain de la Révolution française. La géologie terrestre, l’évolution des espèces, la sélection naturelle ou la psychologie animale sont étudiées comme autant de théories dont s’inspirent les artistes dans leurs représentations de la nature. Au XIXe siècle, Turner commence à peindre des déluges et Rodin à sculpter des chimères, tandis que les écrits s’enchaînent sur l’inconscient psychanalytique et l’hérédité naturaliste. La botanique et les mondes marins fascinent les arts décoratifs qui ne cessent de décliner les formes embryonnaires dans des univers indéfinis. Tant de correspondances qui mettent en lumière plus que jamais les liens incommensurables entre l’art et la science.

Focus sur... Mondrian, Evolution, 1911

  • Piet Mondrian, Evolution, 1911

 

1

Face à la théorie de l’évolution, de nombreux artistes refusent de réduire l’homme à son état de nature, préférant se tourner vers l’occultisme et la théosophie. Parmi eux, le peintre Piet Mondrian à qui l’on doit cet étonnant triptyque présentant les trois stades de l’évolution de l’âme humaine. De l’accomplissement de la vie matérielle (gauche) à son équilibre avec la vie spirituelle (droite), le tableau central incarne l’épanouissement absolu. Surélevé par rapport aux autres, il dévoile un état de plénitude qui transcende toute réalité, loin du déterminisme scientifique.