* Rencontre avec les visages de Vhils à l'exposition de la galerie Danysz

Galerie Magda Danysz
Jusqu'au 23 décembre 2020

  • Vhils, Final Shots, 2019
  • Vhils, Resin Block
  • Vhils, Resin Block
  • Vhils, Final Shots, 2019
  • Vhils, Fragments Urbains, 2018
  • Photo de Vhils

 

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En vous promenant dans une ville, au détour d’une rue, un visage vous fait face. Creusés dans des murs à l’abandon, les œuvres plastiques de Vhils sont traversées par une tension constante entre mouvance et immuabilité. Au lieu de recouvrir les surfaces murales de couches de peinture, il les sculpte, les perce, les brûle à l’acide et les dégrade aux explosifs, si bien que des fragments de visage se dessinent, progressivement, comme une trace durable dans le temps. En creusant dans le mur, l’artiste portugais fait soudain ressurgir des briques orange, d’anciennes affiches et de multiples graffitis. Chaque couche dévoile une part d’histoire, comme autant de strates de l’âme, à travers le portrait de personnes anonymes résidants dans la ville.

Pour cette exposition, Vhils renouvelle ses techniques pour réaliser des œuvres grandioses en trois dimensions : une grande installation lumineuse à l’entrée de la galerie accueille les visiteurs avec un portrait éclairé par intermittence, dévoilant une figure fragile et fugitive. À l’intérieur, ses portraits sont suspendus dans des pièces en plexiglass, stratifiées, permettant une vue à 360°. On y découvre une série inédite de métaux gravés à l’acide et rouillés, déformant les visages saturés. Avec différents matériaux récupérés dans les ferrailleries, l’artiste mène ainsi une réflexion sur notre civilisation réduite à l’état de fossile. Pris dans un rythme de vie effréné, que restera-t-il de ces hommes et de ces femmes, figés dans le métal ? Quel témoignage ces œuvres apporteront-elles à l’avenir ? Tant de questionnements que Vhils ne cesse de creuser, à la manière d’un archéologue.