Jean Puy et Ambroise Vollard, l'exposition d'un fauve et son marchand au musée Joseph-Déchelette

Musée Joseph-Déchelette
Du 17 décembre 2020 au 17 mai 2021

  • Jean PUY, Le Hamac à Saint-Alban, vers 1904
  • Jean Puy, Mer à Belle-Ile, 1902, collection Paul-Dini, Villefranche-sur-Saône
  • Jean PUY, Barques vertes à Collioure, 1913
  • Jean PUY, Vue de Saint-Alban , vers 1901
  • Jean PUY et André Metthey, Orphée charme les monstres , 1909
  • Jean PUY, Autoportrait et tête de plâtre , 1908
  • Jean PUY, Croquis de caractère, vers 1905-1906
  • Jean PUY, Madame Jean Puy au bouquet de fleurs , 1908

 

8

Falaises aux herbes dorées, criques aux bassins verts et plages au sable rose, le peintre Jean Puy (1876-1960) fait vibrer la couleur du bout de ses doigts jusqu’aux poils de son pinceau. Cet enfant de Roanne est un touche-à-tout, qui cherche à vivre avec intensité dans une nature qu’il chérit et qu’il compte bien célébrer dans ses toiles. Il privilégie alors les paysages ensoleillés et les bords de mer étincelants, ponctués de nus féminins et de natures mortes, toujours empreints d’une sensation personnelle au gré de couleurs audacieuses et de formes simplifiées. Ambroise Vollard, l’un des plus grands marchands d’art parisien, connu pour avoir révélé Cézanne, Gauguin, Renoir, Van Gogh, Picasso ou Matisse et ami de Chagall, le soutient dès 1905. Après l’avoir remarqué au Salon d’Automne, celui-ci achète la totalité de son atelier et le prend sous contrat durant 20 ans, signant le début d’une longue amitié.

C’est à travers la sélection d’œuvres de Jean Puy ayant appartenu à la galerie Ambroise Vollard que l’exposition éclaire l’incroyable élan de création qui est né de cette relation artistique. Près d’une centaine de portraits, nus, paysages et dessins témoignent de la liberté de l’artiste, encouragé par son marchand à sans cesse se renouveler. On découvre notamment des peintures sur faïence inédites, provenant de sa collaboration avec le céramiste André Metthey. Tant de créations originales et imprévisibles, qui dévoilent toute la complexité de l’œuvre de Jean Puy, sur laquelle l’influence de Vollard continue de résonner.

  • Jean PUY, Nature morte au compotier et aux grappes de raisins , 1912

 

1

Focus sur... Jean Puy, Nature morte au compotier et aux grappes de raisins (1912)

Pour Jean Puy, les natures mortes sont de véritables sources de liberté et d’expérimentation. Dans ce tableau, le peintre joue avec les tissus chamarrés qu’il superpose pour former différents plans. Leurs plis semblent en mouvement, donnant une impression d’instabilité renforcée par la régularité du damier en arrière-plan. Au centre, le compotier semble rester en apesanteur. Pris dans un rayon de lumière, on y aperçoit des grappes de raisin, une poire et un melon, dont les couleurs rivalisent avec celles des tissus. L’artiste se livre ici à un véritable exercice de style, jouant avec les contrastes de la palette pour déstabiliser le regard.

MUSÉE JOSEPH-DÉCHELETTE
Du 16 décembre 2020 au 17 mai 2021
22 rue Anatole France,
42300 Roanne