L'Opéra de Paris s'invite chez vous : La Traviata de Verdi à revoir jusqu'au 9 novembre

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Alors que son Rigoletto connait en 1851 un succès fulgurant, Verdi accepte en 1852 de réaliser un nouveau livret pour le Théâtre de La Fenice de Venise. C'est au cours d'un voyage à Paris qu'il écrit l'intrigue, après avoir assisté à une représentation de La Dame aux Camélias d’Alexandre Dumas fils. Le compositeur s'inspire alors très largement des amours de Marguerite Gautier dans cette dernière création, qui forme avec Rigoletto et Il Trovatore (1853), la « Trilogia popolare » dont les thèmes principaux sont la vie mondaine, les courtisanes, le luxe, mais aussi la maladie et la l'exclusion, marque le point d'orgue de sa carrière de compositeur.

En résumé

Violetta, riche courtisane connue du tout Paris, est entretenue par le riche baron Douphol. S’étourdissant en plaisirs et vanités, elle en oublie la maladie qui la ronge progressivement. Lors d'une réception qu'elle organise chez elle, elle rencontre Alfredo Germont, qui tombe éperdument amoureux d'elle et la convainc de mener une vie plus calme avec lui, loin de l'émulation de la capitale. Les deux amants goûtent les joies de la vie à deux, dans la simplicité de leur foyer bucolique. Si les dettes s'accumulent, Violetta les compense en vendant ses biens les uns après les autres. Pourtant, le père d'Alfredo, Giorgio, intervient et supplie la jeune femme de renoncer à son fils, car la liaison de celui-ci avec une courtisane fait scandale et empêche le mariage de sa jeune sœur. Violetta laisse croire à Alfredo qu'elle le quitte pour retrouver le baron, mais se retrouve désespérément seule, mourante et ruinée. Lorsqu'Alfredo finit par revenir, il est trop tard pour Violetta, qui expire dans les bras de son amour.

Manon, Marguerite et Violetta

La Traviata est ainsi la réécriture de La Dame aux Camélias d'Alexandre Dumas fils, qui relate, dans le Paris très bien-pensant des années 1840, les amours interdites et tragiques de Marguerite Gautier, courtisane connue des cercles mondains de la capitale, et Armand Duval, un jeune bourgeois doux et embarrassé. Dumas fils puise délibéré dans le Manon Lescaut (1731) de l'Abbé Prévost, tout en opérant une distorsion de caractères et de situation entre ses deux protagonistes. Alors que c'est le chevalier Des Grieux qui renonce à son statut pour suivre Manon la demi-mondaine jusqu'au bagne, chez Dumas et Verdi, ce sont Marguerite et Violetta qui se sacrifient, jusqu'à renoncer avec déréliction aux hommes qu'elles aiment pour le bien de ceux-ci.

Le saviez-vous ?

Traviata signifie littéralement « dévoyée », c'est-à-dire celle qui est sortie du chemin, qui a commis des actes répréhensibles et renvoie ainsi directement à la figure de la courtisane qui monnaye ses charmes.

Lorsqu'Alexandre Dumas fils écrit La Dame aux Camélias en juin 1847, il s'inspire de sa propre liaison avec la courtisane parisienne Marie Duplessis, rencontrée au théâtre des Variétés en septembre 1844 et qu'il fréquenta onze mois avant de s'en séparer à regrets, ne tolérant plus davantage son mode de vie. Verdi fut particulièrement sensible à cette histoire, puisqu'il subit des jugements similaires aux débuts de sa relation avec la chanteuse lyrique Giuseppina Strepponi, qui, sans être demi-mondaine, fut du moins sa concubine sans être officiellement son épouse pendant près de dix ans. Lorsqu'en 1849 le couple s’installe dans le village de Sant-Agata, à Bussetto où naquit Verdi, les critiques furent sévères à l'égard de Giuseppina Strepponi qui passait alors pour une femme de petite vertu.

Violetta Valéry : Pretty Yende
Alfredo Germont : Benjamin Bernheim
Giorgio Germont : Ludovic Tézier / Jean‑François Lapointe
Il Barone Douphol : Christian Helmer

Musique : Giuseppe Verdi
Livret : Francesco Maria Piave
Direction musicale : Michele Mariotti / Carlo Montanaro
Mise en scène : Simon Stone