Le Musée du Luxembourg célèbre les femmes peintres dans sa nouvelle exposition

Musée du Luxembourg
Du 3 mars au 4 juillet 2021

  • Portrait présumé de Madame Soustras laçant son chausson, Marie-Denise Villers (Nisa Villers), épouse Lemoine, 1802
  • Portrait de François Pouqueville à Janina, Henriette Lorimier, 1830
  • Autoportrait, Julie Duvidal de Montferrier
  • Autoportrait de l'artiste peignant le portrait de l'impératrice Maria Féodorovna, Elisabeth Louise Vigée Lebrun, 1800
  • La mort de Malek-Adhel, Césarine Davin-Mirvault, 1814

 

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Parler des femmes artistes n’est pas chose facile tant on considère leur absence dans les récits historiques. On a souvent répondu à cette invisibilité par une explication culturelle et politique qui met en lumière une société profondément patriarcale : ainsi, les femmes manquaient souvent de formation et étaient contraintes à une vocation maternelle et domestique. Minoritaires dans l’espace public, elles avaient pour interdiction de pratiquer le nu et donc le genre noble qu’était la peinture d’histoire. Tout ce discours est désormais indéniable et bien connu de tous. Mais tout l’enjeu de cette exposition critique est de proposer un autre regard historique et esthétique sur l’œuvre de ces femmes, car si on se plaît à rapporter cette déchirante injustice, il est tout aussi primordial de questionner notre manière de les réhabiliter dans un récit collectif. En se concentrant sur une période charnière s’étalant de 1780 à 1830, le parcours dévoile une véritable féminisation des arts depuis les années pré-révolutionnaires jusqu’à la Restauration. Autour de 80 œuvres d’Elisabeth Vigée-Lebrun, de Marguerite Gérard, de Marie-Guillemine Benoist ou de Constance Mayer, l’exposition met en lumière des plasticiennes célébrées à une époque où les écoles pour jeunes filles ouvrent et où l’art devient l’un des seuls moyens d’ascension sociale. Il ne s’agit donc plus uniquement de réduire ces femmes à l’habituelle dichotomie opprimées-oppresseurs, mais plutôt de les illustrer comme de véritables conquérantes ayant mené de multiples combats dans le monde de l’art. Une importante mutation qui est éclairée à travers la présentation des livrets de salons, des articles de presse et des témoignages contemporains, dévoilant une histoire du féminisme bien plus complexe qu’il n’en paraissait jusque-là.

Le saviez-vous ?

Si l’exposition se concentre sur cette période particulière, c’est pour révéler un véritable mouvement d’émancipation né des idées des Lumières et immortalisé par la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne d’Olympe de Gouges. Mais si durant un temps les femmes purent suivre des formations artistiques, être protégées par les maternités et demander le divorce, ces libertés ont rapidement été refrénées par la Restauration au XIXe siècle. Par des discours essentialistes et misogynes, la société considérait alors que la création devait être du côté des hommes et l’imitation du côté des femmes. Un véritable recul historique, rapidement contesté par de nouvelles revendications féministes lors de la Révolution de Juillet.

  • Autoportrait, Julie Duvidal de Montferrier

 

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Focus sur… Autoportrait, Julie Duvidal de Montferrier

Élève de Gérard puis de David, mariée au frère de Victor Hugo, Julie Duvidal est l’une des grandes peintres d’histoire et portraitistes de l’époque romantique. Cet autoportrait réalisé à 22 ans dévoile tout le talent de l’artiste pour créer un visage gracieux et sensible, dessiné avec des lignes franches et précises. Une recherche de réalisme qui est rendue visible dans la représentation des costumes, et notamment du turban rouge aux scintillements dorés, laissant deviner une influence orientaliste.


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