Musée Courbet
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Peder Severin Krøyer peint l'heure bleue à l'exposition du musée Marmottan

Musée Marmottan-Monet
Jusqu'au 26 septembre 2021

  • Peder Severin Krøyer, Soirée calme sur la plage de Skagen, Sønderstrand, 1893
  • Peder Severin Krøyer, Petite fille debout sur la plage de Skagen Sønderstrand, 1884
  • Peder Severin Krøyer, Eftermiddagssol og havblik, 1899
  • Peder Severin Krøyer, Måneskin ved Skagen Strand, 1899
  • Marie Krøyer et Peder Severin Krøyer, Double portrait de Marie et Peder Severin Krøyer, 1890
  • Peder Severin Krøyer, Hip, hip, hip, hourra !, 1888
  • Peder Severin Krøyer Bateaux de pêche 1884

 

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On le surnommait « maître de la lumière ». Peder Severin Krøyer, enfant prodige de la peinture danoise de la seconde moitié du XIXe siècle, est l’amoureux inconditionnel de ce moment si particulier que l’on appelle l’heure bleue. Il paraît, dit-on, que c’est alors que s’apprête à tomber le crépuscule de ces longues soirées d’été, que les fleurs exhalent davantage leurs parfums et que les oiseaux s’accordent pour lancer ensemble leur symphonie jusqu’à la tombée de la nuit. C’est alors, aussi, que le ciel baigne jardins et paysages dans cette lumière bleue qui force aussi les villes à s’illuminer en chœur. Peder Severin Krøyer est incontestablement le peintre de cette heure. Partageant son temps entre Copenhague et Skagen, petit village de pêcheurs aux confins du Danemark, situé là où s’embrassent la mer du Nord et la Baltique, il illustre dans ses toiles les étreintes charmantes de la lumière cristalline de la Saint-Jean et des vastes étendues de l’estran désert.

Le musée Marmottan réunit un ensemble de tableaux de celui que l’on compare souvent à Sorolla et dont le style invoque les jardins de Monet, Sisley et Pissarro. Chez lui, la lumière n’est jamais frontale mais s’élabore souvent dans un contre-jour diffus. Le flou intentionnel de sa touche semble faire vibrer les feuilles tendres des rosiers et des rhododendrons qui agrémentent ses jardins fleuris. Ceux-ci exaltent le charme bucolique que sacre le printemps, tandis que la mer et ses baignades enfantines restituent les joyeux transports des plus jeunes, courant jusqu’à en avoir le souffle coupé pour se jeter à corps perdu dans l’eau fraîche et limpide de l’océan.  Admirez en ses toiles le charme innocent des scènes éclatantes de joie et de simplicité, la douceur inexorable des portraits de sa jeune épouse Marie, la délicatesse des étoffes des robes immaculées, les jardins délibérément sauvages où se languissent des jeunes filles en fleurs, un livre à la main ou des déjeuners qui s’étirent, interminables, en éclats de rire : le mot est dit, Peder Severin Krøyer est le peintre de la vie.

Le saviez-vous ?

Krøyer était un grand admirateur de Vélasquez et Ribera, dont il étudia les toiles lors d’un séjour en Espagne à la fin des années 1870. Son Chapelier du village, peint en 1880, n’est d’ailleurs pas sans rappeler l’esthétique espagnole du XVIIe siècle et s’inspire, par sa palette, son sujet et ses jeux de lumière, tant de La Forge de Vulcain que du Jeune Mendiant de Vélasquez.

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