Exposition Modernités suisses au Musée d'Orsay : le sacre de la peinture

Musée d'Orsay
Du 2 mars au 27 juin 2021

  • Ernest Biéler, Ramasseuse de feuilles mortes, vers 1909
  • Giovanni Giacometti, Vue de Capolago, vers 1907
  • Félix Vallotton, Coucher du soleil, ciel orange, 1910

 

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Au tournant du XXe siècle, l’art européen ne manque pas de grands noms. Gauguin en France, Van Gogh aux Pays-Bas, Klimt en Autriche ou Edvard Munch en Norvège, les créations foisonnent par-delà les frontières. Mais qu’en est-il de la Suisse, ce jeune État fédéral fondé en 1848 ? C’est au cœur de ces modernités, à la fin des années 1890, qu’une génération de peintres développe un art éminemment novateur, revendiquant une puissance symbolique et décorative de la couleur, tout en s’inspirant de l’histoire naissante de leur nation. Parmi eux, on compte les artistes Cuno Amiet (1868-1961), Félix Vallotton (1865-1925), Max Buri (1868-1915) ou Giovanni Giacometti (1868-1933), père du célèbre sculpteur. Inspirés par l’expressionnisme et le nabisme, ces grands peintres multiplient les paysages aux lumières étincelantes, avec une palette franche et des lignes expressives. Un coucher de soleil de Vallotton, aux ocres éblouissantes et contrastées, devient une véritable épiphanie, tandis qu’un autoportrait de Giacometti déstabilise par sa carnation surnaturelle, virant du vert fluorescent au rouge écarlate. Autour de 70 chefs-d’œuvre tous aussi surprenants, le parcours dévoile une période inventive de la scène artistique suisse, encore restée méconnue de la France. Entre approches monographiques et dialogues picturaux, l’évolution de la peinture des années 1900 est éclairée par la rencontre de nombreux artistes, mais aussi de collectionneurs, critiques et marchands de l’époque.

  • Giovanni Giacometti, Autoportrait, 1899

 

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Focus sur… Autoportrait de Giovanni Giacometti (1899)

Cet autoportrait, réalisé par le père d’Alberto Giacometti, se révèle véritablement déstabilisant. Par sa frontalité assumée, qui empêche toute fuite du regard, mais aussi par sa palette audacieuse, qui laisse percevoir un nez rouge vif et une peau jaunâtre. L’air hagard, les sourcils froncés, rappellent au souvenir des visages de Van Gogh. Formé au divisionnisme par le peintre italien Giovanni Segantini, l’artiste le reprend à son compte pour créer cette carnation si particulière. Au second plan, le paysage, tout aussi moderne, présente des lignes expressives, volontairement marquées.

 


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