Simon Berger : l'artiste engagé fracasse la place de la République

Place de la République, Paris
Du 3 au 12 février 2022

 

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L'artiste suisse, déjà connu pour avoir rendu un très bel hommage aux victimes de l'explosion de Beirut à l'été 2020, nous livre une nouvelle série d'œuvres bouleversantes, destinée à nous alerter contre les dangers du téléphone au volant. Sur d'immenses panneaux en forme d'écrans de smartphone, il nous présente le visage de victimes d'accidents de la route. Simon Berger investit la place de la république pendant 10 jours, et nous propose des œuvres en accès totalement libre, nous livrant un message poignant et alarmant. Cette exposition en plein air, justement intitulée "Vies brisées", à pour but de contribuer à sauver des vies en incitant à ne pas user son téléphone au volant, un geste anodin, qui multiplie pourtant par 23 les risques d'accidents. Une campagne choc, menée à l'occasion des journées sans smartphone, les 6,7 et 8 février. Des portraits saisissants, devant lesquels il est impossible de rester de glace.

« C’est par la destruction que je crée la beauté ».

Charpentier et mécanicien de formation, Simon Berger aime jouer avec les matériaux comme les carrosseries de voitures ou les vêtements usagés. Mais son support de prédilection, c’est le verre. Vitrines, pare-brises de véhicules, fenêtres ou plaques de verre, tous les supports sont bons pour créer des visages éclatés et éclatants. Ce n’est que début 2021 que le travail de Simon Berger acquiert une dimension internationale, avec son portrait de la nouvelle vice-présidente des États-Unis, Kamala Harris, commandé par le musée de l’Histoire des Femmes à Washington. Le buzz est lancé, cet ancien artisan, fasciné par le street-art depuis l’enfance, vend aujourd’hui ses œuvres à des collectionneurs situés aux quatre coins du monde. Une reconnaissance ultime pour notre « artiste au marteau » qui a su développer une technique spectaculaire, maitrisant les éclats du verre, fissurant la matière avec une extrême précision, jouant sur les craquelures pour créer des effets d’opacité et de transparence, jusqu’à faire jaillir des visages prodigieux. Ses créations sont une ode à la beauté, perceptible même dans des situations de faille, de chaos ou de destruction, tant qu’on évite l’effondrement. Ses portraits, qui nécessitent parfois plus de 400 coups de marteau, s’érigent fièrement, tenant debout malgré les chocs. Ici les murs de verre et autres vitrines de protection accumulent les impacts comme autant de formes abstraites, exigeant du public de prendre du recul pour déceler dans ce brouillard d’éclats une figure nouvelle.

 

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Le saviez-vous ?

En 2020, Simon Berger est invité à participer à un projet pour décorer les nombreux abris bus de la ville de Genève. Mais malheureusement, beaucoup de passants ont confondu son travail avec… du vandalisme !


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