Exposition Füssli en vidéo au musée Jacquemart-André, le maître du sublime dans une somptueuse rétrospective

Musée Jacquemart-André
Jusqu'au 23 janvier 2023

Il est le peintre du Cauchemar… Ce célèbre tableau qui fit scandale en 1782, introduisant noirceur, excès et érotisme dans la peinture du XVIIIe siècle. Jamais aucun peintre n’avait osé cela avant Johann Heinrich Füssli, artiste de l’imaginaire et du sublime, fasciné par les tragédies shakespeariennes, aujourd’hui auréolé au musée Jacquemart-André d’une très belle exposition. L’artiste se joue des apparitions les plus sombres, illustrations mythologiques teintées de touches fantastiques, puisant dans un imaginaire dramatique pour inventer un nouveau langage pictural, onirique et inquiétant, oscillant entre le merveilleux et le grotesque. Füssli contourne les règles académiques dans une œuvre paradoxale, où terreur rime avec horreur, signant les origines du romantisme noir. Ici les interdits sont source de fascination, d’obsession même… Un univers terrifiant où la beauté des rêves se mêle à la violence des cauchemars et où les drames de l’enfer s’accomplissent dans les courbes voluptueuses des plus délicieuses créatures… Avec ses sorcières, monstres, fantômes, et autres démons maléfiques, Füssli dérange les consciences bien pensantes, donnant naissance à de nouvelles icônes, à l’origine de Frankenstein ou du Parrain, inspirant aussi bien Freud que Tolkien. Un voyage sans retour possible dans l’antichambre de la peur, hanté par les terribles récits de Dante, illuminant avec un magnétisme inouï nos pires visions nocturnes.

 

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Il est le peintre du Cauchemar… Ce célèbre tableau qui fit scandale en 1782, introduisant noirceur, excès et érotisme dans la peinture du XVIIIe siècle. Jamais aucun peintre n’avait osé cela avant Johann Heinrich Füssli, artiste de l’imaginaire et du sublime, fasciné par les tragédies shakespeariennes, aujourd’hui auréolé au musée Jacquemart-André d’une très belle exposition. L’artiste se joue des apparitions les plus sombres, illustrations mythologiques teintées de touches fantastiques, puisant dans un imaginaire dramatique pour inventer un nouveau langage pictural, onirique et inquiétant, oscillant entre le merveilleux et le grotesque. Füssli contourne les règles académiques dans une œuvre paradoxale, où terreur rime avec horreur, signant les origines du romantisme noir. Ici les interdits sont source de fascination, d’obsession même… Un univers terrifiant où la beauté des rêves se mêle à la violence des cauchemars et où les drames de l’enfer s’accomplissent dans les courbes voluptueuses des plus délicieuses créatures… Avec ses sorcières, monstres, fantômes, et autres démons maléfiques, Füssli dérange les consciences bien pensantes, donnant naissance à de nouvelles icônes, à l’origine de Frankenstein ou du Parrain, inspirant aussi bien Freud que Tolkien. Un voyage sans retour possible dans l’antichambre de la peur, hanté par les terribles récits de Dante, illuminant avec un magnétisme inouï nos pires visions nocturnes.

 

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Il y a dans l'œuvre de Johann Heinrich Füssli l’odeur du sang des tragédies shakespeariennes, l’imaginaire onirique des récits mythologiques et l’aura magnétique de certains personnages bibliques promis à un destin funeste. Un univers terrifiant où la beauté des rêves se mêle à la violence des cauchemars et où les drames de l’enfer s’accomplissent dans les courbes voluptueuses des plus délicieuses créatures… Sans plus attendre, le musée Jacquemart-André nous emmène dans les méandres du répertoire macabre de ce peintre britannique virtuose, amateur de tératologie (la science des monstres) et précurseur du romantisme noir. Artiste atypique doté d’une solide culture classique, Füssli développa, à la seconde moitié du XVIII e siècle, une œuvre fantastique et dramatique, étrange et sublime à la fois. L’exposition, consciente de l’héritage fantasmagorique laissé par le peintre en Angleterre, restitue, à travers la présentation d’une soixantaine de chefs-d'œuvre, son langage pictural axé autour de ses sources d’inspiration littéraires et théâtrales. Une parenthèse cauchemardesque donnant vie aux terribles récits de Dante…

 

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À la loupe dans l’expo…
Le Cauchemar

C’est sans nul doute l'œuvre la plus célèbre du peintre. À partir de 1781, Johann Heinrich Füssli réalise une série de toiles reprenant le terrible motif du cauchemar et signe, à cette occasion, l’un des plus beaux joyaux du romantisme noir. L’artiste, fasciné par la profondeur des abysses, nous attire avec ce tableau dans l’antichambre du rêve et de la peur, en dessinant le corps étendu d’une jeune femme assoupie, perdue dans la noirceur de son inconscient. Tombée dans les bras de Morphée, la belle endormie dont le visage nous est ici presque méconnaissable, est interrompue dans son sommeil par l’apparition de deux créatures maléfiques, faisant basculer son rêve dans la tourmente. Ces êtres démoniaques sont-ils le fruit de son imagination ? Ou viennent-ils tout simplement la hanter ? La présence d’un incube, assis sur le ventre du personnage féminin, tend vers une tout autre relecture de l'œuvre. Avec sa tête renversée et son corps offert au spectateur, cette jeune femme pourrait s’être abandonnée ici à des pensées plus charnelles, insufflées par la présence du démon. En puisant ses inspirations chez Shakespeare comme dans le folklore germanique, Füssli trouve ici de quoi réveiller son génie mélancolique, distillant une réelle dimension horrifique à son travail. L’artiste, passé maître dans l’art du clair-obscur, rencontrera le succès avec cette vision cauchemardesque de la nuit tandis qu’une copie de l';œuvre s’invitera dans le cabinet de Sigmund Freud pour justifier ses théories du Ça et du Moi.


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