« Voilà, c’est chez moi. Je ne sais pas ce que c’est : un sitting-room, une salle de musique, un bordel, un musée... » Simple pressentiment ou véritable prémonition ? Trente-deux ans après la disparition de Serge Gainsbourg, la mythique adresse du 5 bis rue de Verneuil écrit une nouvelle page de son histoire avec le récit de Charlotte pour toile de fond : un nouveau chapitre écrit cette fois avec son public.
Cet ancien lieu de pèlerinage pour tous les fans se visite désormais dans le plus grand respect, dans le plus grand secret aussi. Les téléphones éteints, nous pénétrons deux par deux dans l’antre de cet oiseau de nuit guidés par la voix de sa fille. Ici, rien n’a bougé, pas même cette boîte de smarties posée négligemment sur la table de chevet ni le cendrier rempli de mégots à côté du paquet de Gitanes. Tout a été conservé religieusement, tandis que Serge, lui, ne semble jamais être parti.
Entre pudeur et nostalgie, cette capsule temporelle se poursuit sur le trottoir d’en face, au 14 rue de Verneuil. Nous y découvrons une riche collection de 450 pièces rarissimes mises en scène dans un long couloir de 23 mètres conçu comme un somptueux cabinet de curiosité. Entre le manuscrit original de La Marseillaise de Rouget de Lisle et la Chasse aux Papillons de Salvador Dalí, les lettres, photos, bibelots brossent ici un portrait tendre de l’Homme à Tête de Chou. Une plongée intime et tout simplement inédite dans le repaire de l'une des plus grandes icônes de la chanson française.
Entrez dans l’atelier. Pas celui du peintre, ni celui du sculpteur. Celui de l’art en train de se faire. Dès l’entrée, une guitare électrique donne le ton. Dessinée par le designer et musicien Jacques Averna, elle a l’air ludique, presque légère. Elle est tout l’inverse. Sa forme entrave le jeu, déplace la posture, oblige le musicien à négocier avec l’objet.
LAFAYETTE ANTICIPATIONS Du 1er avril au 19 juillet 2026
Qui va sauver le monde ? Certainement pas Ladji Diaby. Et surtout pas de la manière attendue. Ici, l’artiste ne brandit ni slogan écologique ni prophétie politique. Il arrive après la tempête. Quand le décor est déjà fissuré, quand les récits rassurants ont cessé de fonctionner. Son installation ressemble à un après-coup : un monde fait de restes, de fragments, d’objets chargés de vies antérieures. Rien n’est neuf. Tout a déjà servi. Et c’est précisément là que quelque chose recommence. Diaby travaille avec ce qu’il trouve, au sens littéral. Des objets issus de sa maison familiale à Ivry-sur-Seine, des fragments abandonnés, des traces de pop culture, des reliques de rituels, des éléments intimes déplacés d’une vie à l’autre.
MÉMORIAL DE LA SHOAH - MUSÉE ET CENTRE DE DOCUMENTATION Jusqu’au 15 octobre 2026
On croit connaître Simone Veil. La loi, l’Europe, l’Académie, le Panthéon. On connaît la figure. On connaît moins la fratrie. Le Mémorial de la Shoah choisit un autre point d’entrée : celui de la famille Jacob. Avant la femme d’État, il y a une enfance à Nice. Des rires, des disputes, des complicités. Simone, Madeleine – Milou –, Denise. Trois sœurs liées par une intensité que la guerre ne brisera jamais vraiment.
Recréer l’énergie d’un moment où l’objet domestique et l’image Pop ont cessé de s’ignorer : telle est l’ambition de cette exposition audacieuse. En février 1966, à Milan, Sottsass expose les Mobili Fly. Des meubles verticaux, géométriques, saturés de couleur, qui ne cherchent plus à servir mais à affirmer. Au même moment, Warhol élève les produits de consommation au rang d’icônes.
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