Exposition : Jacques Prévert en rêveur d’images au musée de Montmartre
MUSÉE DE MONTMARTRE Jusqu’au 16 février 2025
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Silhouette hitchcockienne, clope au bec et regard malicieux… Jacques Prévert, c’est avant tout une image ; celle d’un gamin de Paris, espiègle et rieur, qui jonglait avec les mots avec la nonchalance d’un enfant, allait boire des coups avec Boris Vian, avant d’offrir à Jean Gabin l’une des plus belles répliques du cinéma français avec le célébrissime «.T’as d’beaux yeux, tu sais ? ».
Le musée de Montmartre se joue pourtant des apparences en brossant un portrait plus intime et confidentiel du poète, érigé ici comme un rêveur d’images libertaires. Auteur de planches illustrées, de collages surréalistes et d’éphémérides improvisées, l’artiste compose des mondes imaginaires, tantôt drolatiques, tantôt monstrueux, mêlant souvenirs d’enfance, collages sur cartes postales et photographies d’amis dans un répertoire d’images irrévérencieuses.
Toujours déconcertantes, ses créations plongent ainsi le Christ crucifié dans une truculente Fête nautique, tandis que ses œuvres composées à quatre mains avec Picasso, Braque ou Calder, rappellent que si l’art se conjugue souvent au singulier, il cache bien souvent une affaire d’amitié.
Vous êtes observés. Pas par une caméra de surveillance. Par une œuvre qui vous répond. Ici, le trouble règne en maître. Certaines œuvres donnent la parole à des intelligences artificielles qui s’adressent à nous avec une étrange familiarité. D’autres transforment des images intimes en données exploitables, des récits personnels en protocoles. Le malaise ne vient pas d’un discours, mais d’une reconnaissance immédiate : ces situations, on les connaît.
LAFAYETTE ANTICIPATIONS Du 1er avril au 19 juillet 2026
Qui va sauver le monde ? Certainement pas Ladji Diaby. Et surtout pas de la manière attendue. Ici, l’artiste ne brandit ni slogan écologique ni prophétie politique. Il arrive après la tempête. Quand le décor est déjà fissuré, quand les récits rassurants ont cessé de fonctionner. Son installation ressemble à un après-coup : un monde fait de restes, de fragments, d’objets chargés de vies antérieures. Rien n’est neuf. Tout a déjà servi. Et c’est précisément là que quelque chose recommence. Diaby travaille avec ce qu’il trouve, au sens littéral. Des objets issus de sa maison familiale à Ivry-sur-Seine, des fragments abandonnés, des traces de pop culture, des reliques de rituels, des éléments intimes déplacés d’une vie à l’autre.
Recréer l’énergie d’un moment où l’objet domestique et l’image Pop ont cessé de s’ignorer : telle est l’ambition de cette exposition audacieuse. En février 1966, à Milan, Sottsass expose les Mobili Fly. Des meubles verticaux, géométriques, saturés de couleur, qui ne cherchent plus à servir mais à affirmer. Au même moment, Warhol élève les produits de consommation au rang d’icônes.
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