Interstices : Exposition Kate Barry au Carré de Baudouin
Carré de Baudouin Du 10 janvier au 8 mars 2025
3
Kate Barry dans la lumière. Qu’aurait pensé la photographe de toute cette attention ? Difficile de ne pas se poser la question lorsque l’on pense à la fille discrète de Jane Birkin qui a passé toute sa vie dans l’ombre des stars, à commencer par celle de sa propre famille. L’artiste disparue prématurément à l’âge de 46 ans aurait pu céder à l’appel des sirènes, vivre pour les caméras et s’abandonner dans le luxe, les strass et les paillettes. Finalement, la demi-sœur de Charlotte Gainsbourg et Lou Doillon s’est réfugiée vers un art solitaire - la photographie -, délaissant rapidement les studios de mode aseptisés pour le charme des décors naturellement dépouillés.
Déployée autour de clichés fantomatiques, cette exposition nous plonge dans les interstices d’une œuvre mélancolique, faussement naïve et toujours empreinte de justesse. Si elle est connue pour ses portraits intimes mais jamais indiscrets de célébrités, l’artiste ne se révèle véritablement qu’à travers ses paysages. Kate Barry ne retenait que l’essentiel ; elle aimait composer ses clichés par fragments et maîtrisait plus que quiconque la poésie de la ruine. Elle capturait la lumière dans une cathédrale de béton, elle saisissait la vie dans un état proche de l’abandon.
CARRÉ DE BAUDOUIN Du 10 janvier au 8 mars 2025
121 rue de Ménilmontant, 75020- M° Ménilmontant (2)
Du mardi au samedi 11h-18h, jeudi jusqu'à 20h30, fermé le dimanche et lundi
- Entrée libre- Plus d'informations ici
Ils ont sauté avant de savoir voler. Avant les avions, avant les moteurs fiables, avant l’industrie, il y a ce moment précis : celui où l’on quitte le sol sans certitude de revenir entier. À Saint-Cloud, à la fin du XIXᵉ siècle, des femmes et des hommes montent dans des ballons, des dirigeables bricolés, des machines fragiles.
Vous êtes observés. Pas par une caméra de surveillance. Par une œuvre qui vous répond. Ici, le trouble règne en maître. Certaines œuvres donnent la parole à des intelligences artificielles qui s’adressent à nous avec une étrange familiarité. D’autres transforment des images intimes en données exploitables, des récits personnels en protocoles. Le malaise ne vient pas d’un discours, mais d’une reconnaissance immédiate : ces situations, on les connaît.
LAFAYETTE ANTICIPATIONS Du 1er avril au 19 juillet 2026
Qui va sauver le monde ? Certainement pas Ladji Diaby. Et surtout pas de la manière attendue. Ici, l’artiste ne brandit ni slogan écologique ni prophétie politique. Il arrive après la tempête. Quand le décor est déjà fissuré, quand les récits rassurants ont cessé de fonctionner. Son installation ressemble à un après-coup : un monde fait de restes, de fragments, d’objets chargés de vies antérieures. Rien n’est neuf. Tout a déjà servi. Et c’est précisément là que quelque chose recommence. Diaby travaille avec ce qu’il trouve, au sens littéral. Des objets issus de sa maison familiale à Ivry-sur-Seine, des fragments abandonnés, des traces de pop culture, des reliques de rituels, des éléments intimes déplacés d’une vie à l’autre.
À première vue, les tableaux de Danielle Orchard semblent presque simples : des femmes allongées, qui lisent, fument, se baignent ou dérivent dans une rêverie silencieuse. Des corps paisibles dans des intérieurs feutrés. Pourtant, sous cette quiétude apparente, quelque chose travaille la surface. La galerie Perrotin présente de nouvelles peintures qui approfondissent la recherche de l’artiste autour de la figure féminine et de l’histoire moderne de la peinture.
Suivez-nous !
Inscrivez-vous
Gratuitement
Chaque semaine, les bons plans culturels du week-end