Au cœur de l'Espace d'art Chaillioux, six plasticiens prennent place dans un tourbillons de médiums, de matières et d'œuvres. Le dessin s'épanouit sous toutes ses formes, les mines de plomb tracent des esquisses, dialoguent avec les aquarelles, jouxtent les feutres et font face aux encres multiples. Les supports aussi se complètent et offrent un panorama de toutes les techniques, allant du laiton aux toiles, en passant par les écorces.
Ici, chacun exprime toute sa poésie, tout son univers et toutes ses inspirations. Élise Beaucousin, musicienne, transmet dans ces œuvres un ton, un tempo qui les fait battre aux rythmes de compositions musicales. Jouant avec les pleins et les vides, avec les textures et les reliefs pour une interprétation libre, au fil des notes suggérées, ses tracés semblent vibrer. Plus loin, les aplats colorés de Jacques Bernard réhaussent l'éclat d'une série d'autoportraits. Les toiles de Caroline Kennerson, elles, réussissent à montrer l'invisible. Au-delà de le figurer, elles transcendent le microcosme et le macrocosme, brouillent les repères dans des univers fragiles, intimes et sensibles.
C'est un monde redessiné et réinventé, incarné dans le talent des artistes exposés, pour un voyage dans les textures, les images, les abstractions et les figurations.
Vous êtes observés. Pas par une caméra de surveillance. Par une œuvre qui vous répond. Ici, le trouble règne en maître. Certaines œuvres donnent la parole à des intelligences artificielles qui s’adressent à nous avec une étrange familiarité. D’autres transforment des images intimes en données exploitables, des récits personnels en protocoles. Le malaise ne vient pas d’un discours, mais d’une reconnaissance immédiate : ces situations, on les connaît.
À première vue, les tableaux de Danielle Orchard semblent presque simples : des femmes allongées, qui lisent, fument, se baignent ou dérivent dans une rêverie silencieuse. Des corps paisibles dans des intérieurs feutrés. Pourtant, sous cette quiétude apparente, quelque chose travaille la surface. La galerie Perrotin présente de nouvelles peintures qui approfondissent la recherche de l’artiste autour de la figure féminine et de l’histoire moderne de la peinture.
Susanna Inglada réinvente le dessin en art sculptural et politique : silhouettes fragmentées, papier et céramique dévoilent violence, pouvoir et résistance.
LAFAYETTE ANTICIPATIONS Du 1er avril au 19 juillet 2026
Qui va sauver le monde ? Certainement pas Ladji Diaby. Et surtout pas de la manière attendue. Ici, l’artiste ne brandit ni slogan écologique ni prophétie politique. Il arrive après la tempête. Quand le décor est déjà fissuré, quand les récits rassurants ont cessé de fonctionner. Son installation ressemble à un après-coup : un monde fait de restes, de fragments, d’objets chargés de vies antérieures. Rien n’est neuf. Tout a déjà servi. Et c’est précisément là que quelque chose recommence. Diaby travaille avec ce qu’il trouve, au sens littéral. Des objets issus de sa maison familiale à Ivry-sur-Seine, des fragments abandonnés, des traces de pop culture, des reliques de rituels, des éléments intimes déplacés d’une vie à l’autre.
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