Ballet of Lights : Peter Pan au Théâtre du Gymnase – Que la magie soit

THÉÂTRE DU GYMNASE MARIE-BELL
Les 14 mai et 5 juin 2025

 

3

Découvrez le célèbre conte de Peter Pan sous un angle inédit, baigné de lumières et de danses poétiques. Grâce à des costumes illuminés, la magie et l’émerveillement prennent réellement vie.

On aurait cru voir passer une traînée de poussière d’étoiles. Comme si Clochette avait survolé le Théâtre du Gymnase en pleine nuit. Sur scène, la pénombre s’ouvre comme un écrin, révélant des silhouettes incandescentes, habitées par la grâce du mouvement. Peter Pan entre en lumière. Il ne parle pas. Il danse. Il voltige entre les faisceaux, traverse les ombres, effleure les notes de Mahler comme un rêve suspendu. Dans cette relecture sensorielle du mythe de J. M. Barrie, la narration laisse place au geste, à la musique, à la lumière. Ici, pas de dialogues, pas d’effets spéciaux tonitruants ni de grand ballet académique. Juste six corps en mouvement, habillés de LED, traversés par des vagues sonores classiques, et portés par une scénographie nocturne aux allures de boîte à musique phosphorescente. C’est sans doute cela, la magie : quand un conte d’enfance devient une matière chorégraphique, fragile et incandescente.

Ce ballet de lumières s’inscrit dans cette tendance émergente des spectacles immersifs où l’image prime sur l’intrigue, où l’émotion se construit dans la sensation plus que dans le récit. Le résultat tient autant du concert visuel que de la performance chorégraphique. À chaque tableau, la lumière raconte ce que les corps esquissent — la jalousie électrique de Clochette, l’élan lumineux de l’enfance, l’affrontement spectral entre Peter et le Capitaine Crochet.

Le dispositif scénique, minimal et enveloppant, repose sur une alternance entre clair-obscur et flashs chorégraphiques. Les costumes, constellés de points lumineux, prolongent le mouvement des danseurs dans l’espace, tracés comme des comètes humaines. La musique classique — Brahms, Mendelssohn, Mahler, Beethoven — accompagne les envolées comme une bande-son céleste, conférant au spectacle une élégance qui contraste avec sa simplicité scénique.

Certes, les amateurs de ballet au sens strict resteront sur leur faim : la danse ici s’apparente plus à un langage corporel expressif qu’à une démonstration technique. Mais c’est justement ce dépouillement qui touche. Un public de tous âges entre dans cet univers avec des yeux d’enfant — émerveillé par le scintillement d’une cape, ému par la lente chute d’une Wendy lumineuse. En une heure sans entracte, le spectacle déploie un poème visuel, accessible dès 8 ans, sans mièvrerie ni clinquant. Et dans une époque saturée d’images bruyantes, il ose la délicatesse.


THÉÂTRE DU GYMNASE MARIE-BELL, 75010
Les 14 mai et 5 juin 2025
À 19h30 et 21h30
De 15 à 45 €
Billetterie


Vous aimerez aussi…

vue expo Humaine crédit photo IrisMiranda
  • Découverte
  • Contemporain

Iris Miranda : Nature humaine à Flaran

Abbaye de Flaran
Du 11 avril au 14 juin 2026

À l’Abbaye de Flaran, Iris Miranda explore le corps et la nature par la gravure : visages frontaux, formes organiques et matière entaillée.

GUITARE PIED, JACQUES AVERNA, ADAGP Paris 2026
  • Gratuit
  • Découverte

Exposition une assemblée des gestes (épisode 1) de Christian Rizzo et Anne-Laure Lestage aux Magasins Généraux

MAGASINS GÉNÉRAUX
Du 3 avril au 24 mai 2026

Entrez dans l’atelier. Pas celui du peintre, ni celui du sculpteur. Celui de l’art en train de se faire. Dès l’entrée, une guitare électrique donne le ton. Dessinée par le designer et musicien Jacques Averna, elle a l’air ludique, presque légère. Elle est tout l’inverse. Sa forme entrave le jeu, déplace la posture, oblige le musicien à négocier avec l’objet.

Screenshot
  • Gratuit
  • Incontournable

Exposition Simone Veil, Mes sœurs et moi, au Mémorial de la Shoah

MÉMORIAL DE LA SHOAH - MUSÉE ET CENTRE DE DOCUMENTATION
Jusqu’au 15 octobre 2026

On croit connaître Simone Veil. La loi, l’Europe, l’Académie, le Panthéon. On connaît la figure. On connaît moins la fratrie. Le Mémorial de la Shoah choisit un autre point d’entrée : celui de la famille Jacob. Avant la femme d’État, il y a une enfance à Nice. Des rires, des disputes, des complicités. Simone, Madeleine – Milou –, Denise. Trois sœurs liées par une intensité que la guerre ne brisera jamais vraiment.

Ha Chong-Hyun, Conjunction 24-82, 2024 © Ha Chong-Hyun, Courtesy of the Artist and Almine Rech
  • Gratuit
  • Découverte

Exposition Masters of Dansaekhwa, Former le monochrome, à la Galerie Almine Rech

GALERIE ALMINE RECH
Jusqu’au 23 mai 2026

À la fin des années 1960, en Corée, un groupe d’artistes choisit le retrait. Pas le silence passif, mais une résistance par la répétition, par la matière, par le geste. On appellera plus tard ce mouvement Dansaekhwa – littéralement « peinture monochrome ».