Emily Mason, et si on libérait l'abstraction ?

Du 10 janvier au 14 mars 2026
Galerie Almine Rech

 

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L’abstraction peut tonner, s’imposer, envahir l’espace. Emily Mason a choisi l’exact inverse. L’exposition qu’Almine Rech consacre à cette figure majeure de la scène américaine révèle une peinture débarrassée du vacarme héroïque des années 1950, une œuvre qui avance par lumière plutôt que par emphase. Les cinquante pièces rassemblées – toiles, clayboards, œuvres sur papier – déroulent près de soixante ans d’un travail construit dans la retenue, l’intuition, l’écoute patiente de la couleur. Formée très tôt dans l’atelier de sa mère, Alice Trumbull Mason, pionnière de l’abstraction américaine, puis nourrie par les enseignements de Bennington College et de Cooper Union, Mason a très vite pris ses distances avec les gestes spectaculaires qui ont marqué sa génération. 

La bourse Fulbright qui la mène à Venise en 1956 transforme son rapport au médium : elle y expérimente le transfert, le tamponnage, ces techniques d’apparition lente qui deviendront sa grammaire intime. De la fin des années 1950 aux œuvres tardives des années 2010, elle s’impose comme une coloriste souveraine, capable de faire tenir un tableau sur un simple frottement de jaune ou la tension d’un bleu interrompu. Sa peinture accueille la lumière au lieu de l’exhiber. Sa trajectoire, aujourd’hui redécouverte, suit une autre voie : celle d’une abstraction qui se déploie avec calme et intensité. Une peinture silencieuse, mais dont les contrastes semblent parler plus juste que bien des éclats. 

ALMINE RECH
Du 10 janvier au 14 mars 2026 
64 rue de Turenne, 75003
M° Saint Sébastien – Froissard (8)  
Du mer. au sam. 11h-19h 
Entrée libre 


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