Loïc Le Groumellec, Écritures, mégalithes et cupules III
GALERIE KARSTEN GREVE
JUSQU'AU 28 MARS 2026
Depuis les années 1980, Loïc Le Groumellec poursuit une recherche radicale, patiente, presque obstinée. Son œuvre repose sur un vocabulaire volontairement restreint – écritures, mégalithes, cupules – qu’il décline de toile en toile, pour éprouver ce que la peinture peut encore produire lorsqu’elle se dépouille de tout effet.
La galerie Karsten Greve rassemble des œuvres récentes issues d’un cycle amorcé à St. Moritz puis à Cologne. Un nouveau motif y apparaît : la cupule. Ces petites cavités creusées dans la pierre, observées sur les sites néolithiques du Morbihan, restent aujourd’hui sans interprétation définitive. Ici, elles deviennent des points de silence, des centres autour desquels la composition s’organise. Le regard ne plonge pas dans l’image ; il reste à la surface, attentif à ce qui affleure. Cette attention à la surface est essentielle dans son travail. La peinture agit comme une paroi, un mur, parfois même comme un couloir que l’on traverse. Les formes se détachent à peine, souvent en léger relief, et la répétition, accompagnée de variations presque imperceptibles, installe un rythme lent. Ici, la peinture ne cherche pas à représenter, mais à produire une présence. Dans certaines œuvres, une écriture manuscrite apparaît, volontairement difficile à lire. Elle provient de textes anciens – les capitulaires de Charlemagne – qui visaient à faire disparaître les traces des cultes païens, notamment les mégalithes. Les mots simulacre, sacrilège et anathème y sont isolés, répétés, vidés de leur autorité première. Transformés en signes, ils interrogent la manière dont une image peut être rejetée, effacée ou redoutée. Par son économie de moyens et son refus de la spectacularisation, Loïc Le Groumellec se tient à contre-courant de la saturation visuelle contemporaine.
GALERIE KARSTEN GREVE
Jusqu’au 28 mars 2026
5 rue Debelleyme, 75003
M° Saint-Sébastien - Froissart (8)
Du mar. au sam. 10h-19h



