Liu Chuang

LUMA ARLES
Jusqu’au 29 mars 2026

 

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Rien ne semble relier, au premier regard, le grondement discret des serveurs de bitcoins et les chants fragiles de minorités ethniques menacées de disparition. C’est précisément dans cet écart que s’inscrit le travail de Liu Chuang.

Ici, son installation vidéo déploie un récit aussi hypnotique que dérangeant, liant inexorablement technologies de pointe, paysages naturels et cultures marginalisées. Sur trois écrans, les images glissent d’une époque à l’autre, d’un usage à l’autre. Des archives anciennes, des barrages hydroélectriques, des télégraphes de la fin de la dynastie Qing, jusqu’aux fermes de minage de bitcoins installées dans le sud-ouest de la Chine.

Une région riche en ressources hydrauliques, longtemps restée à l’écart du contrôle étatique, aujourd’hui happée par les logiques globalisées de l’énergie et de la finance numérique. La voix off, portée par la langue muya – rare, menacée – traverse ces paysages comme un fil de résistance, nous rappelant que derrière les infrastructures, derrière les flux invisibles de données et de capitaux, subsistent des corps, des mémoires, des systèmes de savoirs fragiles. 

Ni documentaire, ni dénonciation frontale, son œuvre installe un doute durable : que produisent réellement nos technologies dites immatérielles, et sur qui reposent-elles ? 

LUMA ARLES
Jusqu’au 29 mars 2026
35 av. Victor Hugo, 13200 Arles


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