VOIR LA MER : Reflets d’un océan chaviré

MAIF Social Club
Du 11 octobre 2025 au 25 juillet 2026

Rêver de vagues et d’embruns, puis sentir soudain la houle des urgences. Depuis longtemps, la mer incarne l’espoir, l’envie de liberté vers des horizons inconnus. C’est aussi aujourd’hui devenu le terrain de toutes les inquiétudes, surtout en matière de climat, le miroir fragile de nos excès. 

 

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La nouvelle exposition Voir la Mer au Maif Social Club nous plonge dans une scénographie immersive, partagée entre enchantement et malaise, poussant ses visiteurs à réfléchir sur l’impact destructeur que l’Homme exerce sur tout cet écosystème pourtant vital.

Une double mission

Découpée en quatre parties distinctes, prenant la forme d’une remontée graduelle des abysses jusqu’à la surface, le parcours interroge chacune des différentes strates de l’univers marin sur l’impact que l’espèce humaine a sur sa biodiversité. Cependant, le ton n’est pas seulement moralisateur : il offre aussi l’émerveillement. La beauté est tout autant au centre de cette exposition. Un mélange intriguant qui mêle l’art charmeur de ces étendues infinies à l’ingénierie humaine pouvant désormais les exhiber. L’œuvre, notamment d’Elsa Guillaume avec Hieronymus, redonne vie aux êtres qui tapissent le plancher à des milliers de mètres de profondeur, inspirée des peintures de Bosch, une œuvre tout à fait remarquable.

Poésie d’un monde en danger

La visite s’engage ensuite vers un retour à la surface, où l’on quitte quelque peu l’étouffante obscurité des fonds pour retrouver le roulement des vagues. Ici, tout devient clair : la main destructrice de l’Homme sur la mer se donne à voir à l’œil nu. Tantôt drôlement cynique, où des poissons électriques servant de jouets pour chat dansent au rythme lunaire des marées dans un ballet macabre — une œuvre de Rémi Lécussan intitulée Sans titre —, tantôt plus pinçante à travers des coussins en tissu recyclé prenant la forme de cigarettes, rappelant l’impact de la pollution marine, rouleau compresseur d’un nombre immense d’espèces, par le collectif Hypercomf.

Rendre la mer

C’est aussi un temps pour interroger non pas l’Homme face à la mer, mais plutôt l’Homme dans la mer. Ici, les photographies d’Emeric Lhuisset en sont un beau témoignage. Dans L’autre rive, on s’immerge dans des images couleur bleu abscons ; au-delà des teintes se dessine en filigrane le dramatique naufrage d’un ami réfugié. Le message est clair : mettre dos au mur le spectaculaire et le misérabilisme véhiculés par les médias face à l’effroyable banalité du quotidien.

Une exposition où coule, dans un flot incessant, la créativité d’un monde artistique qui se veut engagé, n’hésitant pas à tirer la sonnette d’alarme face à un océan qui est en train de chavirer.

MAIF Social Club
37 rue de Turenne, 75003 – M° Saint-Sébastien-Froissart (8)
Du 11 octobre 2025 au 25 juillet 2026
Du mar. au sam. 10h-19h, jeu. jsq 21h
Entrée libre


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