Trois tableaux. Trois corps tordus sur des fonds saturés de couleur. C'est tout – et c'est immense. Pour son espace de la rue de Castiglione, Gagosian a choisi de ne montrer que trois toiles tardives de Francis Bacon, toutes au même format (198 × 147 cm), et de laisser le choc opérer dans le silence.
La première (1982) : une figure de chair tronquée, évoquant un joueur de cricket, flotte sur un aplat orange cadmium, traquée par son propre reflet déformé. La deuxième (1986) : un corps et son double se déploient sur un jaune solaire aveuglant, entre immédiateté brute et étrangeté. La troisième (1989-90) : retour à un motif que Bacon explorait dès 1954, mais lesté cette fois d'une gravité sourde – le gris a remplacé la couleur, la figure courbée sur un lavabo dérive d'une planche photographique de Muybridge, et le fantôme de George Dyer, compagnon de Bacon mort dans un hôtel parisien en 1971, plane sur toute la toile.
C'est la période tardive – celle que la critique a longtemps sous-estimée – et c'est peut-être la plus radicale. Bacon y pousse son langage à une économie extrême : plus de triptyque, plus de cage, juste un corps, un fond, et la violence des forces qui s'exercent sur la chair. Comme l'écrivait Deleuze, cette peinture ne représente pas la violence – elle rend visible celle que le monde exerce sur nous.
GALERIE GAGOSIAN Jusqu’au 30 mai 2026
9 rue de Castiglione, 75001 - M° Tuileries (1)
Du mar. au sam. 10h30-18h30 - Fermé les dim. et lun.
Entrée libre et gratuite
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