Kiki Smith expose Flight

Galerie Lelong
Du 21 mai au 11 juillet 2026

 

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Il y a quarante ans, Kiki Smith sculptait des intestins de verre, des cœurs de cire, des fœtus en résine. L'artiste américaine – née à Nuremberg en 1954, fille du sculpteur minimaliste Tony Smith – faisait alors du corps une matière d'exposition, avec la crudité que le New York des années 1980 imposait à qui voulait en dire quelque chose.

Quarante ans plus tard, à la Galerie Lelong, Smith présente Flight : neuf bronzes, deux grands vitraux, une suite de dessins. Il n'est plus question d'organes. Il est question d'oiseaux.

Le glissement n'est pas un repli. Il est la logique même d'une œuvre qui a toujours cherché à rendre aux corps ce que leur enveloppe cache. Les aigles, colombes et hiboux de Smith ne sont pas des motifs animaliers – ils sont des figures de l'âme, telles que l'iconographie médiévale et la poésie d'Emily Dickinson les avaient saisies avant elle.

L'artiste ne s'en cache pas. Ses inspirations, qu'elle déclare sans détour, sont une écorce de bouleau près de chez elle, les pigeons de Central Park, une pleine lune, Lewis Carroll. Reste la force des matériaux. Bronze et vitrail sont parmi les plus anciens supports de l'art occidental – l'un pour les tombes, l'autre pour les rosaces.

À l'heure où l'art contemporain cherche désespérément le nouveau, Smith choisit ce qui tient : la matière qui dure, la forme qui appelle, l'animal qui regarde. Chez elle, voler n'est pas fuir – c'est une autre façon de revenir vers ceux qui sont restés au sol.

GALERIE LELONG
Jusqu’au 11 juillet 2026
13 rue de Téhéran, 75008 - M° Miromesnil (9, 13)
Du mar. au ven. 10h30-18h, sam. 14h-18h30 - Fermé le lun. et dim.
Entrée libre


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