L'exposition MONOCHROMIES à la galerie Faidherbe
GALERIE FAIDHERBE
DU 28 MAI AU 14 JUILLET 2026
Dan Barichasse
Il faut s'approcher. De loin, on croit voir une couleur. À un pas de distance, on devine un horizon. Plus près encore, une terre – traits, hachures, entrelacs minuscules qui tremblent à la surface. C'est ainsi qu'entrent en vibration les Monochromies de Dan Barichasse, exposées à la Galerie Faidherbe : un paysage qui a quitté ses formes pour rejoindre ses éléments. Paysagiste depuis ses débuts, Barichasse a pratiqué ce genre comme d'autres pratiquent le portrait – en interrogeant obstinément le même motif. Des années récentes, il rapporte des toiles où la couleur a fini par se saturer elle-même, par déborder les contours et les récits. Restait à savoir comment continuer. La réponse est venue sous la forme d'une contrainte, la plus radicale que la peinture ait jamais inventée : une seule couleur, un seul format. Pour beaucoup d'artistes avant lui – de Malevitch à Klein, de Reinhardt à Ryman –, la monochromie a été le point où la peinture se congédie. Pour Barichasse, au contraire, elle est le point où elle recommence.
Ce qui tient, de la tradition moderniste, c'est la radicalité. Ce qui change, c'est le régime de la matière. Loin des densités saturées des grands maîtres du genre, ses monochromes sont légers, respiratoires, épars. La peinture y circule comme l'eau d'une rivière basse – elle révèle les reliefs qu'elle affleure, laisse à certains endroits apparaître la toile, retient ailleurs un pigment plus dense. Sur cette surface qu'on croyait uniforme apparaît peu à peu une activité minutieuse : traces, incisions, frottis, points serrés, entrelacs. Une calligraphie presque, mais sans alphabet. Un paysage sans contours.
Le saviez-vous ?
Du Carré blanc sur fond blanc de Malévitch aux immenses IKB d'Yves Klein, la monochromie a souvent été pensée comme l'extrémité de la peinture, le point où celle-ci abdiquait. Ad Reinhardt y cherchait l'ultime ; Robert Ryman y déployait le seul blanc ; Klein en faisait marque déposée. Barichasse inverse le geste : sa toile uniforme n'est pas un aboutissement, c'est un atelier. Un lieu où l'image n'est pas morte, seulement reposée. Et prête à recommencer.
GALERIE FAIDHERBE
DU 28 MAI AU 14 JUILLET 2026
18 rue Jean Macé, 75011 - M° Charonne (9)
Du mar. au ven. 10h30-12h et 14h-19h, sam. 10h30-19h
Entrée libre



