Infans, les images foudroyées d'Isabelle Cornaro exposées à la Fondation Pernod Ricard
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Après le MAM, le Palais de Tokyo et le Sculpture Center à New York, Isabelle Cornaro nous donne rendez-vous à la Fondation Pernod Ricard, dans son nouvel écrin de la gare Saint-Lazare dont la parure externe rend hommage aux peintures de locomotives à vapeur réalisées sur place par Claude Monet en 1877. La Lauréate du Prix Fondation d’entreprise Ricard y présente un aspect de sa pratique artistique qui restait jusqu’alors méconnu : la vidéo. Dans une mise en scène soigneusement élaborée, ses films courts nous plongent dans un univers instable, aux images fulgurantes et au silence de plomb. Avec des jeux d’emboîtements et de références, entre abstraction et figuration, entre images en mouvement et en arrêt, l’artiste démultiplie les impressions et sensations qui nous submergent jusqu’à la perte totale de repères. Des objets projetés, déformés, distordus dégoulinent sur les murs de la Fondation, entrecoupés de spots publicitaires, de films scientifiques ou d’animation, soudainement heurtés d’images furtives et éblouissantes, comme foudroyées. Une installation percutante qui nous donne à voir, par le prisme de l’art conceptuel, la puissance subliminale de l’image au cœur d’un monde surmédiatisé.
Vous êtes observés. Pas par une caméra de surveillance. Par une œuvre qui vous répond. Ici, le trouble règne en maître. Certaines œuvres donnent la parole à des intelligences artificielles qui s’adressent à nous avec une étrange familiarité. D’autres transforment des images intimes en données exploitables, des récits personnels en protocoles. Le malaise ne vient pas d’un discours, mais d’une reconnaissance immédiate : ces situations, on les connaît.
Recréer l’énergie d’un moment où l’objet domestique et l’image Pop ont cessé de s’ignorer : telle est l’ambition de cette exposition audacieuse. En février 1966, à Milan, Sottsass expose les Mobili Fly. Des meubles verticaux, géométriques, saturés de couleur, qui ne cherchent plus à servir mais à affirmer. Au même moment, Warhol élève les produits de consommation au rang d’icônes.
Susanna Inglada réinvente le dessin en art sculptural et politique : silhouettes fragmentées, papier et céramique dévoilent violence, pouvoir et résistance.
Du 15 janvier au 21 mars 2026 Galerie David Zwirner
Il suffit parfois de deux formes presque jumelles pour faire basculer une certitude. L’exposition que David Zwirner consacre à Josef Albers orchestre précisément ce trouble : un jeu d’échos, de glissements infimes, d’écarts millimétrés qui redéfinissent notre manière d’appréhender la couleur.
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