Art et vandalisme : Une sculpture d'Ai Weiwei détruite pendant son vernissage

 

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Séisme dans la sphère de l'art contemporain. Le 20 septembre 2024, le vernissage de l'exposition « Who am I? » au Palazzo Fava à Bologne a été perturbé par un acte de vandalisme qui a pris de cours les invités. La célèbre sculpture en porcelaine de l’artiste chinois Ai Weiwei, intitulée Porcelain Cube (2009), a été délibérément brisée par un homme identifié comme Vaclav Pisvejc, un tchèque se revendiquant comme “artiste contestataire”. Ce geste a été filmé par des caméras de sécurité, montrant le vandale s'approchant de l'œuvre avant de la jeter au sol, pour ensuite brandir un débris comme un trophée. Pisvejc n'en est pas à son coup d'essai. Par le passé, l’homme avait déjà attaqué d'autres artistes contemporains, d’une façon toujours spectaculaire. Il avait notamment aspergé à la bombe une sculpture de l’artiste Urs Fischer et mis le feu à une œuvre en soutien à l'Ukraine. Parfois violent, le vandale était même allé jusqu’à écraser un tableau sur la tête de la performeuse serbe Marina Abramović. 

Ce dernier méfait dirigé contre le plastcien chinois soulève des questions sur les motivations derrière le vandalisme dans le monde de l'art. Est-ce une véritable forme de protestation ou un simple désir d'attirer l'attention ? Pisvejc se défend de son acte en évoquant une réponse au plasticien chinois. Ai Weiwei lui-même a souvent exploré la thématique de la destruction et de la réappropriation dans son art. Ses œuvres en porcelaine revisitent des traditions millénaires, questionnant notre rapport au passé et à la culture chinoise. Dans l’une de ses pièces les plus célèbres, il se met en scène en brisant un vase ancien de la dynastie Han, illustrant une libération des contraintes traditionnelles. Le geste de Pisvejc pourrait-il être perçu comme une réponse ironique à cette exploration artistique ? Que sépare alors le geste de l'artiste et celui du vandale ?

Dans une déclaration après l'incident, Ai Weiwei a affirmé de son côté que toute destruction d'œuvre d'art, indépendamment des motivations, était « inacceptable ». De quoi susciter de longs débats autour de la question de la provocation dans l’art et la frontière entre vandalisme et acte artistique, tandis que la justice fera son travail quant au sort du vandale…


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