François Rouan : La peinture à l’épreuve de la trame
GALERIE TEMPLON Du 15 novembre au 31 décembre 2025
François Rouan signe ici un face-à-face bouleversant avec la matière. Une vingtaine d’œuvres récentes y composent un parcours sans esbroufe, tendu vers l’essentiel : faire de la surface un lieu d’expérience.
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Nous entrons par les Transis, capturant les pigments dans la cire comme un souffle pris dans la couleur ; nous poursuivons avec les Recordas, tissages patients de fragments de toile qui brouillent le cadre du tableau pour mieux le réinventer. Depuis les années 1960, Rouan n’a jamais cessé de tresser, découper, recoller : gestes modestes, obstinés, qui déplacent la peinture vers l’empreinte et la mémoire.
Rien ne se livre d’emblée : il faut approcher, laisser l’œil apprivoiser ces motifs répétés, ces trames qui se défont, ces couleurs qui s’emboîtent comme des réminiscences. La peinture n’y représente pas ; elle advient. Ce corpus, présenté après la grande exposition lyonnaise, rappelle combien l’artiste occupe une place singulière : celle d’un peintre pour qui la forme n’est jamais pure théorie, mais un exercice de présence.
Ici, le regard ne consomme pas, il chemine. Et lorsqu’il se pose enfin, il découvre une abstraction habitée, charnelle, qui pense le visible autant qu’elle le ressent.
GALERIE TEMPLON Du 15 novembre au 31 décembre 2025 28 rue du grenier Saint-Lazare, 75003 - M° Rambuteau (11)
Du mar. au sam. 10h-19h - Fermé lun. Entrée libre
Vous êtes observés. Pas par une caméra de surveillance. Par une œuvre qui vous répond. Ici, le trouble règne en maître. Certaines œuvres donnent la parole à des intelligences artificielles qui s’adressent à nous avec une étrange familiarité. D’autres transforment des images intimes en données exploitables, des récits personnels en protocoles. Le malaise ne vient pas d’un discours, mais d’une reconnaissance immédiate : ces situations, on les connaît.
LAFAYETTE ANTICIPATIONS Du 1er avril au 19 juillet 2026
Qui va sauver le monde ? Certainement pas Ladji Diaby. Et surtout pas de la manière attendue. Ici, l’artiste ne brandit ni slogan écologique ni prophétie politique. Il arrive après la tempête. Quand le décor est déjà fissuré, quand les récits rassurants ont cessé de fonctionner. Son installation ressemble à un après-coup : un monde fait de restes, de fragments, d’objets chargés de vies antérieures. Rien n’est neuf. Tout a déjà servi. Et c’est précisément là que quelque chose recommence. Diaby travaille avec ce qu’il trouve, au sens littéral. Des objets issus de sa maison familiale à Ivry-sur-Seine, des fragments abandonnés, des traces de pop culture, des reliques de rituels, des éléments intimes déplacés d’une vie à l’autre.
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