Du 15 janvier au 21 mars 2026 Galerie David Zwirner
1
Il suffit parfois de deux formes presque jumelles pour faire basculer une certitude. L’exposition que David Zwirner consacre à Josef Albers orchestre précisément ce trouble : un jeu d’échos, de glissements infimes, d’écarts millimétrés qui redéfinissent notre manière d’appréhender la couleur. La galerie réunit un ensemble d’œuvres essentielles – peintures et travaux sur papier réalisés des années 1930 aux années 1970 – faisant se répondre chaque paire, sans contradiction ni redite. Maître absolu de l’économie formelle, Albers déploie ses variations comme on accorde un instrument : par micro-déplacements, par ajustements délicats, par confrontations qui paraissent anodines avant de s’imposer avec une force presque physique.
Les Homage to the Square, dont on découvre ici des études majeures comme Budding (1958) ou Spring Out (1962), prolongent ce principe lumineux. Un carré en appelle un autre, une nuance fait basculer l’ensemble, un même motif engendre une perception totalement neuve. L’œil croit reconnaître ; Albers prouve qu’il se trompe. L’artiste affirme depuis toujours que la perception n’est jamais stable : cette sélection en offre une démonstration limpide, presque pédagogique, sans jamais sacrifier la puissance plastique de ces œuvres devenues des jalons de l’art du XXᵉ siècle. Dans la sobriété du lieu, les duos composés par la Josef and Anni Albers Foundation déploient une intensité particulière. Pas d’effet spectaculaire, pas de lyrisme ajouté : juste la rigueur vibrant à l’intérieur d’un cadre strict, cette vibration précise qu’Albers cherchait avec une obstination calme.
DAVID ZWIRNER Du 15 janvier au 21 mars 2026 108 rue Vieille du Temple, 75003 - M° Filles du Calvaire (8) Du mar. au sam. 11h-19h – Fermé dim. et lun. Entrée libre
Vous êtes observés. Pas par une caméra de surveillance. Par une œuvre qui vous répond. Ici, le trouble règne en maître. Certaines œuvres donnent la parole à des intelligences artificielles qui s’adressent à nous avec une étrange familiarité. D’autres transforment des images intimes en données exploitables, des récits personnels en protocoles. Le malaise ne vient pas d’un discours, mais d’une reconnaissance immédiate : ces situations, on les connaît.
LAFAYETTE ANTICIPATIONS Du 1er avril au 19 juillet 2026
Qui va sauver le monde ? Certainement pas Ladji Diaby. Et surtout pas de la manière attendue. Ici, l’artiste ne brandit ni slogan écologique ni prophétie politique. Il arrive après la tempête. Quand le décor est déjà fissuré, quand les récits rassurants ont cessé de fonctionner. Son installation ressemble à un après-coup : un monde fait de restes, de fragments, d’objets chargés de vies antérieures. Rien n’est neuf. Tout a déjà servi. Et c’est précisément là que quelque chose recommence. Diaby travaille avec ce qu’il trouve, au sens littéral. Des objets issus de sa maison familiale à Ivry-sur-Seine, des fragments abandonnés, des traces de pop culture, des reliques de rituels, des éléments intimes déplacés d’une vie à l’autre.
Recréer l’énergie d’un moment où l’objet domestique et l’image Pop ont cessé de s’ignorer : telle est l’ambition de cette exposition audacieuse. En février 1966, à Milan, Sottsass expose les Mobili Fly. Des meubles verticaux, géométriques, saturés de couleur, qui ne cherchent plus à servir mais à affirmer. Au même moment, Warhol élève les produits de consommation au rang d’icônes.
Du 14 février au 19 juillet 2026 Frac Ile-de-France : Le Plateau / Les Réserves
Peut-on vraiment finir une œuvre ? Pierre Bonnard, dit-on, n’y croyait pas. On raconte qu’il se glissait en douce dans les musées pour retoucher ses toiles, corriger une ombre, raviver un ton, incapable de s’en détacher.
Suivez-nous !
Inscrivez-vous
Gratuitement
Chaque semaine, les bons plans culturels du week-end