Kandinsky revisité à la Galerie Le Minotaure

GALERIE LE MINOTAURE
Jusqu’au 27 juin 2026

L'abstraction radicale 

 

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En 1926, Wassily Kandinsky publiait à Dessau, sous l'égide du Bauhaus, l'un des textes fondateurs de la peinture moderne : Point, ligne, plan. Il y développait, avec la rigueur d'un grammairien, une théorie systématique des éléments fondamentaux du langage visuel et de leur capacité à produire des effets psychiques. Un siècle exactement après cette publication, l'artiste et commissaire Mathieu Mercier en réactive les fondements à la Galerie Le Minotaure, dans une exposition collective d'une ampleur exceptionnelle.

Quarante-cinq artistes – c'est dire l'audace du projet — réunis pour faire dialoguer les avant-gardes historiques et la création contemporaine sur un terrain commun : celui d'une abstraction radicale fondée sur l'élimination de la représentation, de la narration, de l'expression subjective directe. Pas de paysage, pas de portrait, pas de récit — seulement des formes géométriques élémentaires qui, par leurs interactions de couleurs et d'espaces, génèrent à elles seules des tensions visuelles et des effets perceptifs. C'est l'art comme langue pure.

Le casting est vertigineux. Les fondateurs de la grammaire moderne d'abord : Kandinsky bien sûr, mais aussi Malevitch, El Lissitzky, Moholy-Nagy, Kupka, Arp, Herbin, Domela. À leurs côtés, leurs héritiers contemporains : Carl Andre, John Armleder, Claude Closky, Vera Molnar, Xavier Veilhan, Philippe Decrauzat, Mathieu Mercier lui-même… La continuité, étendue sur deux espaces de la galerie (rue des Beaux-Arts et rue de Seine), démontre qu'un siècle après son énoncé, la phrase de Kandinsky reste à compléter. Toute peinture, fût-elle d'aujourd'hui, doit pouvoir s'écrire dans cet alphabet minimal.

GALERIE LE MINOTAURE
Jusqu’au 27 juin 2026
2 rue des Beaux-arts et 23 rue de Seine, 75006
M° Mabillon (10)
Du mar. au sam. 11h-13h et 14h-19h - Fermé le lun. et dim.
Entrée libre