"Paris, ouvert la nuit" à la Galerie Roger-Viollet

GALERIE ROGER-VIOLLET 
Du 11 juin au 3 octobre 2026

« La nuit n'est pas le négatif du jour »

 

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« La nuit n'est pas le négatif du jour. » C'est Paul Morand qui l'écrit en 1933, en préface du Paris de nuit de Brassaï. La galerie Roger-Viollet, qui conserve l'un des plus grands fonds photographiques de la capitale, prend la phrase au pied de la lettre cet été : soixante-dix tirages, en majorité en noir et blanc, parcourent soixante-dix ans de nuits parisiennes – des aubes hésitantes du début du XX siècle aux clubs psychédéliques des années 1970.

La sélection est issue des archives de la Ville de Paris et des fonds de six photographes : Jean-Pierre Couderc, Pierre Jahan, François Kollar, Janine Niepce, Jack Nisberg et René-Jacques. Ce que ces images racontent dépasse la description. Elles font de Paris un théâtre que la lumière artificielle réinvente. Sous les réverbères, les monuments perdent leur grandeur et redeviennent silhouettes. Les rues vides deviennent scènes. Les passants se transforment en spectres. La pose longue dépose, sur les places désertes, des halos qu'aucune photographie de jour ne saurait restituer. Le flash, à l'inverse, surprend la vie nocturne dans son intimité brutale – bars, brasseries, cabarets, fêtes foraines.

L'exposition rappelle aussi l'histoire d'une capitale qui s'est inventée comme « Ville lumière » dès 1665, avec son premier éclairage public, puis avec ses premiers essais électriques au milieu du XIX siècle. Mais le sujet est plus fin : Paris s'est construit en pleine connaissance de sa nuit. Sans elle, pas de poésie urbaine, pas de rendez-vous galants, pas de Brassaï, pas de littérature des rues. La galerie Roger-Viollet, comme à son habitude, ne montre pas seulement des photographies. Elle ouvre une chambre noire à la mémoire de la ville.

GALERIE ROGER-VIOLLET 
Du 11 juin au 3 octobre 2026
6 rue de Seine, 75006
M° Mabillon (10)
Du mar. au sam. 11h-19h
Fermé le lun. et dim.
Entrée libre