Caravage à Rome, amis & ennemis

Du 21 septembre 2018 au 29 janvier 2019 -
Musée Jacquemart-André //

 

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Et si la frontière des arènes de Rome ne s’arrêtait pas aux remparts du Colisée ? Et si la violence et la compétition qui y régnait lors de ces combats à mort était le reflet de l’atmosphère générale de cette ville alors capitale des Arts, au début du XVIIe siècle ? C’est en tout cas ce que nous dit l’exposition du Musée Jacquemart-André sur la sphère artistique romaine. En figure de proue de ces rivalités entre peintres désormais reconnus : Michelangelo Merisi, dit Caravage. Par l’accrochage judicieux et remarquable, on se retrouve projeté dans ces concurrences sans merci, illustrées par les comparaisons d’œuvres de ces différents artistes. Et le parcours de Caravage se matérialise, au gré de ses tableaux en clair-obscur, comme une descente dans les profondeurs de la raison et de la maîtrise de soi. Plus le peintre se fait sulfureux et enchaîne les ennuis judiciaires, plus sa réputation artistique rayonne. D’un procès intenté par Giovanni Baglione contre le peintre en 1603, aux affrontements physiques fréquents dans les rues de la ville, la tension est palpable : les commentaires maldisants des confrères étaient les premiers à entacher la réputation de leurs rivaux. Et les toiles exposées, ne jurent pas : Le Souper à Emmaüs ou Le Saint Jérôme (1605-1606) se font bien plus sombres que Le Joueur de Luth (1595-1596). Ce n’est pas par hasard : ces tableaux marquent la période de fuite de Caravage, suite à sa condamnation pour meurtre. Car si la Judith décapitant Holopherne dépeint d’un sujet violent, c’est bien ici que l’éclairage et l’isolement des personnages sont le plus saisissants, comme un prologue à sa relation avec Rome. Cette ville dont il implorera le pardon jusqu’à sa mort, à 38 ans : une dernière rixe sur le chemin du retour aura causé sa perte.

Le saviez-vous ? Si la carrière romaine du Caravage s’achève en 1606, c’est parce qu’il tua au cours d’un duel, son rival Ranuccio Tomassoni. Condamné à mort, le peintre doit s’exiler de la capitale pour sauver sa peau. Heureusement, il sait s’entourer de mécènes et de protecteurs.

For the first time in France, ten masterpieces present the young Caravage’s career in Rome, through the prism of his professional and personal relationships.  

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