Biennale des photographes du monde arabe

Institut du Monde Arabe
Du 11 septembre au 24 novembre 2019

Entre réalités et fictions : la photographie libanaise

 

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Multiplier les regards sur le monde arabe, telle est l’ambition ardue de cette exposition qui invite une vingtaine d’artistes originaires ou amoureux du Liban à nous livrer leur perception du pays. Une effervescence artistique concentrée essentiellement sur la dernière décennie, au travers de clichés tantôt documentaires, tantôt fantasmés, affranchis des réalités, exprimant la quête d’un ailleurs éminemment poétique. La diversité des motifs, la richesse des styles et des points de vue, le dialogue des sensibilités révèlent un Liban aux multiples facettes, magnifiquement incarné par les montages spectaculaires de Vladimir Antaki, nous plongeant dans une ville de Beyrouth kaléidoscopique, composée de milliers de visages urbains. Un carnet de voyage artistique qui se décline au féminin dans une exposition qui met en lumière une majorité d’artistes femmes, à l’instar de Lara Tabet et ses fictions nocturnes intrigantes, mettant en scène son propre assassinat en prenant soin de disperser des vues microscopiques d’indices prélevés sur les ruines beyrouthines revisitées ici en une fantastique scène de crime. Lamia Maria Abillama nous interpelle avec ses femmes en uniforme nous happant avec leur regard déterminé, fixe, comme pour nous rappeler que la guerre est partout. Dalia Khamissy se fait plus allusive en nous livrant le portrait émouvant d’un cartable d’enfant, abandonné, son petit propriétaire – arrêté par la milice durant la guerre – faisant partie des «disparus du Liban». Myriam Boulos, dépeint quant à elle en noir et blanc les nuits festives d’une jeunesse libérée, faisant vibrer la scène underground libanaise. Des regards pluriels comme autant de témoignages artistiques d’un pays à réinventer.

IMA shines spotlight on Lebanon in photography biennial. Diversity of motifs and approaches, dialogue of sensibilities enrich all the photographs gathered, most of which were made during the last decade. They were divided into two sequences echoing two visions of this region of the world, either with a documentary resonance, or freed from the constraints of realism, expressing the quest for an elsewhere, the desire to escape, the recourse to poetry.

 

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Pour cette troisième édition, dix-huit artistes de la scène libanaise sont mis à l’honneur pour offrir leur regard sur le monde arabe contemporain, et plus particulièrement cette année, le Liban, dans une déambulation entre réalités et fictions. Si certains photographes se penchent sur les séquelles du passé des années de guerre civile, une nouvelle génération s’en est détachée pour aborder d’autres thématiques. Le contexte urbain et social, le mélange des communautés, l’exil et les paysages réels ou inventés, expriment la quête d’un ailleurs et un désir d’évasion à travers de nouvelles formes visuelles. Créateurs reconnus, ou encore peu montrés en France, ces photographes participent d’une effervescence artistique qui transparaît au fil du parcours. La plupart sont libanais même si certains ont décidé de vivre ailleurs tout en continuant à produire des œuvres sur leur pays d’origine. La diversité des approches et des motifs nourrit l’esprit et la mémoire du Liban. Une première partie documentaire est en prise avec la réalité géographique et sociale tandis que la seconde s’articule autour d’une échappatoire face aux contraintes du réalisme, nous entraînant dans des lieux rêvés et fictifs grâce à des photomontages et du collage numérique. Comme un désir d’évasion, mais aussi de reconstruction d’un imaginaire collectif, ces artistes offrent un regard tantôt dur et tantôt plein d’espoir sur l’avenir de leur pays.

18 artists from the Lebanese scene are honored to offer their perspective on the contemporary Arab world, and more particularly this year, Lebanon.


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