Exposition Yang Ermin, La réapparition de la couleur au musée d'Art et d'Histoire Louis-Senlecq

Musée d’Art et d’Histoire Louis Senlecq
Du 19 septembre 2020 au 14 février 2021

 

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Poésie de la couleur

Voyage onirique dans la peinture de Yang Ermin au musée d’Art et d’Histoire Louis-Senlecq. Né en 1971 dans la province chinoise du Hebei qui enclave Pékin, l’artiste grandit dans une famille qui lui apprend très jeune à apprécier les arts, la littérature et les sciences, attisant notamment son intérêt pour la peinture. À seize ans, alors qu’il effectue son service militaire, on lui confie l’exécution d’œuvres de propagande pour l’armée, ce qui lui permet, affirme-t-il, d’améliorer sa technique.

Acteur majeur du renouveau du lavis chinois dont l’art se transmet depuis le Xe siècle, il révolutionne cette technique traditionnelle à l’encre noire par l’introduction de pigments colorés autour de deux thèmes majeurs que sont les paysages et les natures mortes. La quiétude qui en émane n’est pas sans évoquer les peintures de Monet, Matisse et Bonnard. Le peintre réinvente les grandes références de la peinture française de la fin du XIXe siècle et y introduit la technique chinoise ancestrale du lavis dans un mélange novateur qui se rapproche de l’aquarelle par l’ajout de pigments au lavis.

Yang Ermin crée un art original à la frontière de l’Orient et de l’Occident, où se rencontrent Hokusai et Cézanne, comme dans sa peinture des Monts Taihang – littéralement « grandes rangées de montagnes.». Le tableau s’organise dans un effet de profondeur et de superposition de champs où l’on imagine se dessiner un sentier qui invite à franchir la frontière de cet univers coloré. Les thèmes et les couleurs évoquent le postimpressionnisme français, mais l’originalité de la peinture tient au choix de sa matière et de son support. Les influences antonymes trouvent pourtant un point d’équilibre et la légèreté du travail se double d’une poétique de l’éphémère par l’utilisation du papier Xuan. Dans ses œuvres les plus tardives, le lavis se fragmente et donne au spectateur l’impression d’observer les paysages comme à travers une fenêtre par temps pluvieux. L’art, quittant définitivement sa posture mimétique, devient le lieu de transmission des sentiments, dans l’ouverture d’un monde profond et lumineux d’où se dégage une grande douceur.

A découvrir en images

 

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A la loupe

Œuvre emblématique du tournant esthétique de la peinture de Yang Ermin, D’où venons-nous ? est une référence directe au tableau du même nom de Gauguin. L’imposante composition se divise en cinq tableaux. De gauche à droite, on distingue successivement un réseau de couleurs fragmentées, le tableau Arearea de Gaugin, un portrait du peintre chinois Qi Baishi (1846-1957) entouré de ses trois plus jeunes enfants, Les Tournesols de Van Gogh et un paysage représentant les monts Taihang. On y retrouve les thèmes majeurs de l’œuvre de Yang Ermin que sont le portrait, le paysage et la nature morte, dans une double référence à la peinture lettrée chinoise et à l’art occidental.

 

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