Galleria : la merveilleuse carte blanche d'Eva Jospin au Musée de la Chasse et de la nature

Musée de la Chasse et de la Nature
Du 16 novembre 2021 au 20 mars 2022

 

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Il y a dix ans déjà, le musée de la Chasse et de la Nature faisait l’acquisition de la Forêt d’Eva Jospin. Une œuvre signature, grandiose et délicate, dont la puissance évocatrice nous plonge dans une parenthèse hors du temps, celle de nos peurs enfantines, et suscite encore aujourd’hui curiosité et émerveillement. Un pan de forêt impénétrable haut de 2,50m, exposé sous les combles de l’hôtel de Mongelas, qui constituait alors la toute première œuvre de l’artiste à entrer dans une collection muséale. Dix ans plus tard, le musée parisien célèbre cet anniversaire en lui laissant carte blanche tout l’hiver. La jeune femme, fidèle à son matériau de prédilection – à savoir le carton – support brut et revêche en apparence fragile, anobli sous les doigts de l’artiste, a ainsi métamorphosé les lieux avec une installation monumentale nommée Galleria. Un espace boisé finement sculpté truffé d’étranges poésies dans lequel s’ouvre une galerie végétale et architecturée, faite de plinthes et de niches à la manière d’un studiolo de la Renaissance italienne. Une création inédite, pièce maîtresse de cette carte blanche, et dont l’exposition tire son nom. Si d’autres réalisations, plus anciennes, viennent compléter ce parcours féerique, Galleria résume à elle seule toute la singularité du travail d’Eva Jospin. La plasticienne à l’univers étrangement baroque, merveilleux et inquiétant, et à la sensibilité végétale indéniable dévoile ici une œuvre d’art total traversée par l’ensemble des thématiques chères à l’artiste, des rocailles fantaisistes du XVIIIe siècle aux cabinets de savants et d’érudits. Une galerie sacrée, teintée de mystères et de magie, dont seule Eva Jospin semble détenir le secret.

Focus sur...
Eva Jospin, Nymphées (détail), 2019

 

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Célèbre pour ses forêts de dentelle finement ciselées, Eva Jospin abandonne parfois le carton pour d’autres matériaux. La plasticienne a ici troqué sa matière de prédilection pour le laiton, le bois et le plâtre afin de confectionner de surprenants îlots – réinterprétations lointaines et oniriques des jardins de la Renaissance maniériste et des peintures de vedute (vue peinte très détaillée à la manière de Canaletto à Venise) – situés à mi-chemin entre la sculpture et la maquette. Sa signature visuelle n’en demeure pas moins reconnaissable. Là encore l’architecture et la nature semblent indissociables et les nombreux trompe-l’œil, jeux de plans et de perspectives témoignent de la virtuosité technique de l’artiste.


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