Exposition Mehmet Güleryüz : la Galerie Cyril Guernieri nous invite à découvrir ce peintre bouleversant

Galerie Cyril Guernieri
Du 12 mai au 4 juin 2022

Quai aux fleurs, un titre à la douceur bien énigmatique face à ces peintures écorchées signées Mehmet Güleryüz, immense artiste contemporain que l’on voit malheureusement encore trop peu en France. Le galeriste Cyril Guernieri nous offre ici le privilège de découvrir les peintures bouleversantes qui ont fait la renommée internationale de cette figure emblématique de la scène artistique turque. Ce quai aux fleurs, c’est l’adresse de son atelier parisien, là où il vécut les confinements successifs, isolé dans la capitale. Depuis près de 60 ans, Güleryüz prône un art de la spontanéité, dans une improvisation totale, sans dessin ni croquis préparatoire, suivant son instinct, guidé par la seule force de son trait incisif et tranchant. Une peinture immédiate ou presque. Car Güleryüz exécute ses toiles d’une traite, tirant son fil d’Ariane sans pause ni sommeil, peignant pendant des heures jusqu’à que son tableau soit achevé, donnant forme sur la toile aux pensées qui hantent son esprit. Une peinture au couteau qui explore les tréfonds de l’âme humaine, dénonçant les maux de notre époque ; ici avec cet homme braquant une arme sur une femme, là avec une imminente montée des eaux ou avec ces oiseaux tombés du ciel face à couple submergé. Ce couple qui incarne l’archétype de la relation à l’autre, mais aussi au monde, et qui peine tant à regarder dans la même direction. Des peintures qui nous alertent, comme ce tigre et ce zèbre côte à côte devant un iceberg, le prédateur et sa proie unis face à la catastrophe, nous rappelant que notre avenir dépend avant tout de notre capacité à œuvrer ensemble pour nous sauver d’un nouveau déluge. Et si finalement ce quai aux fleurs était un ultime message d’espoir, réunissant autour de ces créations poignantes des consciences qui ne demandent qu’à être réveillées ?

 

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Ce Quai aux fleurs c’est l’histoire d’une rencontre. Celle de personnages écorchés, ballotés dans l’océan de la vie, peints au couteau par Mehmet Güleryüz, mais qui finiront par se retrouver contre vents et marées. C’est aussi celle d’une évidence artistique et picturale entre l’artiste turc et le galeriste parisien Cyril Guernieri. Trois ans seulement après son Jardin des plaintes, cette figure incontournable de la scène artistique turque investit une nouvelle fois le 29 rue Mazarine pour y exposer ses derniers travaux. Une sélection de ses créations les plus bouleversantes, triées sur le volet parmi les mille et un trésors réalisés par le peintre ces deux dernières années, traces vivantes des confinements successifs passés dans l’ombre de son atelier parisien. À l’aube de ses 84 ans, l’infatigable Güleryüz étale toujours ses insomnies sur la toile, couchant dix à quinze heures d’affilée ses états d’âme sur chacune d’entre elles. Le résultat est là : sombre et charnel, fiévreux et angoissant. Héritière des expressionnistes allemands, l’œuvre de Mehmet Güleryüz inquiète autant qu’elle fascine. Depuis plus de 60 ans, le peintre explore les tréfonds de l’âme humaine sans croquis ni dessin préparatoire, en suivant son instinct le plus primaire, guidé par la seule force de son trait incisif et tranchant. Une exposition magistrale mettant en scène un artiste au talent immense.

 

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