Exposition de Shirley Jaffe, L’équilibre sous tension, à la Galerie Nathalie Obadia

GALERIE NATHALIE OBADIA
Jusqu’au 25 avril 2026

Il y a chez Shirley Jaffe une manière unique de faire vibrer la surface. Des formes nettes, tranchées, presque découpées, qui semblent flotter dans un espace blanc devenu champ actif. La Galerie Nathalie Obadia rend hommage à l’artiste américaine dix ans après sa disparition à travers douze peintures couvrant plus de cinquante ans de création.

 

2

De 1956 à 2008, se dessine une trajectoire singulière au cœur de l’abstraction d’après-guerre. Installée à Paris dès 1949, Shirley Jaffe fréquente les cercles de l’expressionnisme abstrait sans jamais s’y dissoudre. Ses premières toiles, traversées de tensions et de superpositions, témoignent d’une énergie urbaine presque heurtée. Le tournant survient lors de son séjour à Berlin-Ouest en 1963–1964. Dans une ville coupée en deux, son langage plastique se resserre. Le geste s’efface au profit d’une architecture rigoureuse. Les formes se simplifient, les aplats se structurent, l’influence de Kandinsky ou de Sophie Taeuber-Arp se devine, filtrée par une sensibilité profondément personnelle. À partir de la fin des années 1970, son œuvre atteint une radicalité lumineuse. Les couleurs franches dialoguent dans un espace débarrassé des repères classiques. Dans les toiles tardives, cette écriture atteint une forme d’aboutissement : une peinture frontale, autonome, où l’équilibre naît du déséquilibre même. Considérée aujourd’hui comme un pont essentiel entre les abstractions américaine et européenne, Shirley Jaffe continue d’influencer des générations d’artistes. Cette exposition rappelle combien son travail, à la fois rigoureux et vibrant, demeure d’une étonnante actualité.

GALERIE NATHALIE OBADIA
Jusqu’au 25 avril 2026
3 rue du Cloître Saint-Merri, 75004
M° Hôtel de Ville (1/11)
Du lun. au sam. 11h-19h
Fermé dim.
Entrée libre


Vous aimerez aussi…

unnamed (1) (2)
  • Contemporain
  • Découverte

Y a le Renaud et le Ren'art

Maison Elsa Triolet-Aragon
Du 1er au 31 mai 2026

Cinquante ans de carrière, et Renaud s'invite chez le poète. Dans la maison qu'Aragon et Elsa Triolet ont habitée jusqu'à la fin, une trentaine d'artistes

_ES_8618
  • Découverte

Chaumont-sur-Loire ouvre sa Saison d'Art

Domaine de Chaumont-sur-Loire
Du 29 mars au 1er novembre 2026

Au Domaine de Chaumont-sur-Loire, la Saison d'art fait son grand retour pour une édition 2026 très attendue.

Capture d’écran 2026-03-04 105351
  • Gratuit
  • Incontournable

Exposition Moi et les autres, regards d’artistes sur nos vies en ligne, à la Fondation Groupe EDF

FONDATION GROUPE EDF
Jusqu’au 27 septembre 2026

Vous êtes observés. Pas par une caméra de surveillance. Par une œuvre qui vous répond. Ici, le trouble règne en maître. Certaines œuvres donnent la parole à des intelligences artificielles qui s’adressent à nous avec une étrange familiarité. D’autres transforment des images intimes en données exploitables, des récits personnels en protocoles. Le malaise ne vient pas d’un discours, mais d’une reconnaissance immédiate : ces situations, on les connaît.

14_Ladji Diaby MG_0617
  • Gratuit
  • Contemporain

Exposition de Ladji Diaby, Who’s Gonna Save The World ? à Lafayette Anticipations

LAFAYETTE ANTICIPATIONS
Du 1er avril au 19 juillet 2026

Qui va sauver le monde ? Certainement pas Ladji Diaby. Et surtout pas de la manière attendue. Ici, l’artiste ne brandit ni slogan écologique ni prophétie politique. Il arrive après la tempête. Quand le décor est déjà fissuré, quand les récits rassurants ont cessé de fonctionner. Son installation ressemble à un après-coup : un monde fait de restes, de fragments, d’objets chargés de vies antérieures. Rien n’est neuf. Tout a déjà servi. Et c’est précisément là que quelque chose recommence. Diaby travaille avec ce qu’il trouve, au sens littéral. Des objets issus de sa maison familiale à Ivry-sur-Seine, des fragments abandonnés, des traces de pop culture, des reliques de rituels, des éléments intimes déplacés d’une vie à l’autre.