Du 7 octobre au 4 novembre 2017 - Galerie Minsky //
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La transparence aveuglante
Sculpteur de lumière et tailleur d’ombre, Patrick Rimoux n’a qu’un but : nous aveugler pour nous faire admirer la nuit et redécouvrir la lumière. Il crée lui-même un spectateur nyctalope, et à l’aide de nouvelles technologies, ce plasticien-photographe fait briller le monde qu’il plonge dans l’obscurité. S’il est connu pour ses impressionnantes illuminations de bâtiments, il présente à la Galerie Minsky un travail en format plus réduit. Il propose ainsi un ensemble de compositions de feuilles de verre et plexiglas superposées enserrant des pellicules de films mythiques que l’on perçoit en transparence. Chaque image est issue de la collection cinématographique personnelle de Patrick Rimoux : Marcel Carné, François Truffaut, mais aussi des œuvres de Bollywood telles que Hum Dum de Kushan Nandy, Krrish de Rakesh Roshan. Ce collectionneur d’images, souvent associé à Henri Alekan, est aujourd’hui considéré comme l’un des meilleurs « artistes-lumière ». Il nous invite à repenser la place de celle-ci dans la création artistique. Existe-t-il une peinture sans lumière ? Peut-on imaginer une photographie sans soleil ou une sculpture sans ombres ? Que serait un objet sans contour ni reflet ? Patrick Rimoux ose s’interroger et remet en cause le pouvoir de notre regard.
Patrick Rimoux, light sculptor passionate about cinema, proposes a set of compositions made of superimposed glass and plexiglas sheets, enclosing films of mythical movies that one perceives in transparency.
Galerie Minsky Du 7 oct. au 4 nov. 2017 37 rue Vaneau, 75007 M° Saint-François-Xavier (13) Du mar. au sam. de 10h30 à 13h et de 14h à 19h Fermé lun. et dim. Entrée libre
Vous êtes observés. Pas par une caméra de surveillance. Par une œuvre qui vous répond. Ici, le trouble règne en maître. Certaines œuvres donnent la parole à des intelligences artificielles qui s’adressent à nous avec une étrange familiarité. D’autres transforment des images intimes en données exploitables, des récits personnels en protocoles. Le malaise ne vient pas d’un discours, mais d’une reconnaissance immédiate : ces situations, on les connaît.
Entrez dans l’atelier. Pas celui du peintre, ni celui du sculpteur. Celui de l’art en train de se faire. Dès l’entrée, une guitare électrique donne le ton. Dessinée par le designer et musicien Jacques Averna, elle a l’air ludique, presque légère. Elle est tout l’inverse. Sa forme entrave le jeu, déplace la posture, oblige le musicien à négocier avec l’objet.
LAFAYETTE ANTICIPATIONS Du 1er avril au 19 juillet 2026
Qui va sauver le monde ? Certainement pas Ladji Diaby. Et surtout pas de la manière attendue. Ici, l’artiste ne brandit ni slogan écologique ni prophétie politique. Il arrive après la tempête. Quand le décor est déjà fissuré, quand les récits rassurants ont cessé de fonctionner. Son installation ressemble à un après-coup : un monde fait de restes, de fragments, d’objets chargés de vies antérieures. Rien n’est neuf. Tout a déjà servi. Et c’est précisément là que quelque chose recommence. Diaby travaille avec ce qu’il trouve, au sens littéral. Des objets issus de sa maison familiale à Ivry-sur-Seine, des fragments abandonnés, des traces de pop culture, des reliques de rituels, des éléments intimes déplacés d’une vie à l’autre.