Sébastien Bourdon, un protestant à la Cour

Musée national de Port-Royal des Champs
Du 20 septembre au 16 décembre 2018

Du 20 septembre au 16 décembre 2018 -
Musée national de Port-Royal des Champs //

 

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Dans l’histoire de l’art, rares sont les artistes que l’on étudie au regard de leur religion. C’est pourtant le cas de Sébastien Bourdon, artiste protestant, aussi connu de son vivant que Nicolas Poussin ou Charles Lebrun mais oublié aujourd’hui, effacé par l’histoire. Bourdon appartient à l’Église réformée, à une époque où l’on tolère les protestants, avant que la révocation de l'Édit de Nantes ne fasse les ravages que l’on connait. Sébastien Bourdon était considéré dans la seconde moitié du XVII e  siècle comme l’un des peintres majeurs du classicisme français, l’un des douze membres fondateurs de l’Académie royale de peinture et de sculpture. Artiste de génie, il est capable d’aborder tous les genres, paysages, natures mortes, scènes religieuses ou historiques, portraits princiers ou d’apparats… Ses voyages façonnent son style, de l’Italie où il rencontrera Nicolas Poussin et Claude Lorrain, à la Suède où il réalisera de mémorables portraits de la reine Christine.

Bourdon reviendra ensuite à Paris pour s’épanouir artistiquement, se pliant aux exigences des plus grands commanditaires catholiques pour poursuivre une carrière conforme à son talent et à ses aspirations. Comment dès lors peindre avec toute sa foi ce qui pourrait être contraire à ses convictions profondes ? L’exposition présente et décrypte de manière inédite ses Œuvres de Miséricorde, déclinant un sujet au cœur de la controverse religieuse. Alors que les catholiques considéraient que les actions vertueuses devaient être récompensées, les protestants jugeaient au contraire qu’elles devaient être pratiquées en pur témoignage de la grâce de Dieu. Avec sa série des sept œuvres de Miséricorde - référence incontestable à la série des sept Sacrements de Poussin – Bourdon lance un appel à la clémence, détournant le sujet religieux de manière fédératrice, dédicaçant son œuvre à Colbert, ministre influent de Louis XIV en espérant certainement que ce dernier puisse intervenir auprès du roi en faveur de ses coreligionnaires. L’artiste attache une telle importance à cette série qu’il décide contre toute attente de les peindre et de les graver lui-même. Une œuvre qui a miraculeusement survécu aux siècles de violences qui suivirent, dont on découvrira dans l’exposition la portée pacifiste, grâce à l’éclairage inédit de dessins préparatoires et gravures d’époque, mettant en lumière le testament spirituel d’un croyant visionnaire, profondément attaché à son église. Une exposition qui nous ouvre les yeux sur l’extraordinaire richesse de l’œuvre de cet artiste engagé.

Le Saviez-vous ? En 1643, l’artiste était tellement réputé qu’il lui fut passé une commande pour la Cathédrale de Notre Dame de Paris : Le Crucifiement de Saint Pierre s’y trouve toujours aujourd’hui, accroché dans la Chapelle Sainte Geneviève.

Discover the protestant artist Bourdon and his classical art. A forgotten name who needs to be remembered, a real discovery for those who didn’t know who he was.


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